D'autres sets:
- Anti-Sarkozy Riots in Paris / Nocturnales
- Riots in Paris for elections / glucozze
- Bastille 6 mai 2007 / phverant
- Daniel Meyer
mercredi 9 mai 2007
Dimanche soir à la Bastille (sur Flickr)
dimanche 6 mai 2007
L'annonce (mini-live blogging)
21:00.- Le discours de Sarkozy: 10/10, je ne peux pas le dire autrement. Bon, on va voir comment ça va tenir à l'usage. Très exactement: son discours semble confirmer l'hypothèse optimiste: son discours revanchard et diviseur de Bercy, confirmé jeudi (je crois), était à finalité stratégique. Sa campagne de 2e tour, à contre-pied des supputations des analystes et commentateurs, a été d'une intelligence diabolique (!), ce qui est rassurant (j'imagine que mon ami Eric, en bon joueur d'échecs, a apprécié). Ceci dit, comme dit plus haut, si sa position dans ce début d'état de grâce est irréprochable (pour un président de droite!), il ne faudrait pas que le discours de division et de bouc-émissairation ressorte comme ressource au moment des épreuves.
En tous cas maintenant il a le sourire.
21:30.- Le Pen: "Les gens ont voté contre madame Royal." Ben, voyons. Parle tout de suite de l'Europe. Evidemment avec ce que vient de dire NS, il se sait, encore plus nettement qu'il y a quinze jours, cocu. Ce qui n'est pas le plus triste de la soirée!
21:45.- Intervention de François Bayrou, en différé. Rien à redire mais un peu terne. On comprend: 40% de ses électeurs (et 80% de ses députés) ne l'ont pas suivi. Là encore, contre Bayrou, Sarkozy a été extraordinairement habile. Alors que Ségolène Royal a courtisé les électeurs du centre, Nicolas Sarkozy a relayé, avec son attaque de la pensée 68, la stratégie de clivage gauche-droite qui avait été celle du PS, contre Bayrou, dans la campagne du 1er tour. Il s'est assuré le ralliement des députés UDF sans ouvrir son discours au centre. Du coup, il a fixé les électeurs Bayrou dans leurs origines et mis Bayrou dans une situation difficile dont il aura beaucoup de mal de se sortir avant les législatives.
Blogage politique (expérience personnelle)
BILAN:
Fréquentation:
Avec une constatation intéressante: quand on s'y met avec un peu de constance, ça a des conséquences rapidement sensibles en termes de fréquentation.
Live-blogging:
J'ai fait un essai de live-blogging pendant le débat SR / FB, qui m'a valu le lien de Versac. J'ai renoncé à le faire pour le débat SR / NS et je le regrette (je viens de publier le brouillon du compte-rendu que j'ai essayé de faire après coup et que j'ai laissé tomber par ennui d'avoir à expliciter mon appréciation de la position de SR sur la Turquie).
Commentaires:
Parallèlement au postage à peu près quotidien je me suis pas mal agité dans les zones de commentaires, chez moi et ailleurs. En particulier:
- échange avec Christian sur "Liberté des médias"
- avec Baptiste sur "Libérer la parole?"
- avec Talia sur "Sarkozy déteste la Turquie"
- avec Christian sur "Mensonge?"
- un échange sur Agoravox
- deux échanges sur "Les indécis sont des cons...", l'un au moment de la publication (voir aussi), l'autre, plus bref, sur le blogue d'un "jeune prof de droite" (cf. infra).
Dérive:
Je regrette aussi de n'avoir pas plus posté sur la question des libertés numériques) et de m'être laissé prendre dans la dérive de la campagne de second tour que NS a menée de manière redoutablement admirable).
Scrupules:
Trois billets m'ont posé des problèmes que je pourrais dire "éthiques":
- celui par lequel j'avais relevé une bourde de Jean-Marie Cavada, le 22 mars, que j'ai dépublié le lendemain en m'en expliquant,
- celui sur la "botte" des Amis de Ségolène, le 20 avril, que j'ai dépublié vendredi soir, dans un mouvement d'humeur devant la mauvaise foi militante de qui l'utilisait,
- celui sur le lapsus de NS, le 3 mai, que j'ai failli dépublier pour des raisons analogues à celles que je donnais sur la bourde de Cavada - je ne l'ai pas fait parce que j'en ai un peu assez du tabou qui s'est peu à peu installé sur la constataion de la parenté entre NS et JMLP.
Le "jeune prof de droite" qui avait lié le billet sur la "botte" m'a accusé d'"auto-censure". Ce que j'assume. Se taire sur une vérité n'est pas mentir et je revendique le droit de déterminer la frontière entre la vigilance et la délation (avec un critère utile si pas suffisant: considérer si l'objet visé est ou non du côté du manche), je revendique aussi, dans une campagne électorale, le droit de ne pas publier des informations qui font argument contre mon choix sans m'en dissuader, il suffit que je les admette si on me les présente. Et puis de manière générale, l'"auto-censure" est le début de la civilisation (voir la discussion avec Baptiste).
Maintenant que la campagne, officielle ou sauvage, est pratiquement terminée, je republie les billets dépubliés.
Et le vote?
Le blogage n'aura été ces dernières semaines que la partie émergée d'un iceberg de gamberge. Si je me situe assez précisément sur une éventail politique, dont je relativise par ailleurs la pertinence, je ne suis pas un militant, à chacun des tours de cette élection je me suis trouvé en face d'une pluralité d'options possibles, comme par ailleurs mes interlocuteurs familiers peuvent défendre des positions très éloignées des miennes, d'un côté comme de l'autre, (et c'est précieux), ma gamberge, voire mon indécision, ont été très mobiles (moins pour le 2d tour que pour le 1er, je l'avoue). Dans ces conditions, il m'a été vital de me repérer des points de fixation concrets.
Ainsi pour ce second tour je vote:
- pour la ratification de la charte européenne des langues régionales,
- pour les libertés numériques,
- pour la poursuite du processus d’adhésion de la Turquie à l’UE.
Conclusions:
Au total donc, chaque vote repose sur un pari qui n'est pas gagné : le pari qu'une Ségolène Royal élue pourra, et voudra, décentraliser la société française afin de la rendre réformable; le pari qu'un Sarkozy élu utilisera son pouvoir pour mener des réformes allant dans le bon sens. Chacun de ces paris, à mon humble avis, repose sur de faibles probabilités de succès. (éconoclaste)
Demain, ce ne sera pas un blanc-seing délivré à une personne. Les institutions, l'opposition, les forces politiques, les partenaires sociaux, les citoyens, les internautes et les media seront là pour continuer à faire valoir et transformer. Il faudra juste continuer. La vie ne s'arrête pas le six mai. (versac)
jeudi 3 mai 2007
Le débat
(Pour Cécile: pas de live-blogging cette fois: ça prend la tête - mais je regrette un peu, ça occupe! De toutes façons, ce soir les ténors s'y étaient mis: Versac, Jules, SDL...)
en vrac:
- version match de boxe (pour filer la métaphore sportive chérie par NS): SR vainqueur au point. NS était sur la défensive (autant contre lui-même que contre SR, sans doute) et il a tenu jusqu'au bout sans perdre ses nerfs. Mais coup il n'était pas à l'aise et s'est laissé dominer.
- sur le contenu, avantage NS sauf exception. En particulier les points les plus gênants pour lui sont à peu près escamotés (réductions d'impôts, politique numérique...)
- les regards: au départ NS regarde SR longuement et souriant (sourire de conciliation). Puis peu à peu, alors que SR le regarde presque constamment, il regarde PPDA
- la Turquie: NS: "Il faut dire aux Turcs qu'on n'en veut pas..." après il peut dire "grand pays, etc.", on a entendu le mépris. SR: je me retrouverais assez bien dans ce qu'elle dit mais "les manifestations pour la laïcité et la démocratie..."
mercredi 2 mai 2007
Diabolisations
Ecoutez-les, les héritiers de mai 68 qui cultivent la repentance, qui font l’apologie du communautarisme, qui dénigrent l’identité nationale, qui attisent la haine de la famille, de la société, de l’Etat, de la nation, de la République.Commentaire d'Henry Rousso (Mai 68 ou l'ennemi imaginaire / Annette Willard dans Libération de ce matin):
Dans cette élection il s’agit de savoir si l’héritage de mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes.
«On utilise un argument du type des discours contre-révolutionnaires au XIXe siècle, qui consistaient à voir dans un événement historique révolutionnaire qu'on qualifie de maléfique les causes d'un supposé déclin français» , rappelle l'historien Henry Rousso, ancien directeur de l'Institut d'histoire du temps présent. «Mais ici le discours se réfère à la culture, donc il est vague et extrêmement difficile à déterminer. C'est la différence entre le discours conservateur, qui réhabilite les valeurs traditionnelles de la famille et du travail, valeurs dont se réclame aussi Ségolène Royal, et le discours réactionnaire, qui prétend que la perte de ces valeurs vient d'une configuration historique. C'est un argument fantasmagorique, qui ne tient pas sur le plan historique. D'abord, Mai 68 n'est pas une césure majeure dans l'histoire du monde si on la compare avec la chute du mur de Berlin en 1989. Et faire de 68 la cause unique de toutes les valeurs dominantes aujourd'hui est une absurdité.»[Je complète et modifie ici un billet d'hier intitulé "diabolos", dont le titre était un peu (trop) allusif. Il m'était venu à la suite d'un échange en commentaires sur "Liberté des médias" où CJ voyait Nicolas Sarkozy un "séisme symbolique", à quoi j'opposais comme exemple de novation symbolique le dialogue de la veille entre Ségolène Royal et François Bayrou. Après coup, comme je relisais le discours de Bercy, sensible à son effet violemment diviseur, je me suis souvenu de l'étymologie du mot "diable"(Wikipedia: "Diable provient du grec diabolos (de diabolein = séparer) qui signifie calomniateur qui est l'inverse du grec symbolon : rapprochement."), ce qui collait assez bien avec notre échange. Bien sûr, étymologie n'est pas raison, mais je dirais volontiers que, selon l'étymologie, le débat de samedi était une avancée "symbolique" et le discours de Bercy un séisme "diabolique", enfin... une tentative.]
«Aucun sens». En tout cas, le but est simple : «J'ai voulu rendre à la droite républicaine sa fierté [...], qu'elle cesse d'avoir honte d'être à droite», explique Sarkozy lui-même (dans le discours de Tours, le 10 avril). Et pour cela, il a trouvé un bouc émissaire. «Sur le plan historique, cette configuration de 68 n'a aucun sens , reprend Henry Rousso. Sarkozy veut marteler cette idée qu'il y a une culture de droite qui existe, mais il veut la définir en érigeant un ennemi imaginaire. Il reproche à Ségolène Royal et à la gauche de le diaboliser, mais c'est ce qu'il fait : il érige Mai 68 en une sorte de figure du diable... absolument indéfinissable.» [Gras de mon fait.]
Jean-Marie et Nicolas: un beau lapsus de Sarkozy
Ecouter [MP3]:
Va-t-il nous en sortir un aussi beau ce soir?
mardi 1 mai 2007
La République des retraités ?
Le discours de revanche, camp contre camp, entonné par le candidat de la droite et probable chef de l'Etat, rend cauchemardesque cette réalité qui pourrait autrement n'être que préoccupante. Lorsqu'on se souvient combien la mythologie de mai 68 a habité le mouvement anti-CPE de l'année dernière (ce que j'avais trouvé regrettable), il est significatif que ce soit la manipulation de cette même mythologie, mais en sens inverse, dans celui de la réaction, qui ait été utilisée par NS et cela dessine l'image d'une France clivée entre les jeunes et les actifs, d'un côté, les vieux de l'autre, retraités et rentiers, plébiscitant un gouvernement de retour à l'ordre et de restauration de l'autorité.
Les chiffres du sondage Ifop:
(via Laurent Bervas, sur AgoraVox, à qui j'emprunte l'image.)
(Je me souviens d'une émission de télévision en février où je trouvais NS assez bon sur les questions fiscales, pragmatique, etc., et puis il a sorti une tirade pour justifier la suppression (ou la réduction, je ne sais plus) de l'impôt sur les successions: "quand on a travaillé toute sa vie...", fini les arguments pragmatiques, économiques, et je me suis dit, voilà, on retombe dans l'idéologie et dans le clientélisme purs. Le sondage Ifop donne une dimension pathétique à cette manoeuvre.)
Powered by ScribeFire.
lundi 30 avril 2007
L'ambition
...ils n'aspirent à rien d'autre qu'au commandement suprême, leurs pensées, leurs actions, leurs efforts ne visent que le pouvoir et les honneurs ; il en était ainsi pour Ludovico Sforza, l'arrogant duc de Milan, un homme d'une extraordinaire sagesse mais d'une immense ambition, né pour se détruire lui-même et pour détruire l'Italie ; peu importe s'ils courent à leur ruine et anéantissent leurs amis, il leur faut batailler, ils sont incapables de s'arrêter ...
Powered by ScribeFire.
dimanche 29 avril 2007
Libertés des médias
En tous cas, la phrase, comme l'insinuation faite par Ségolène Royale à propos de l'annulation du débat devant la PQR, a été maladroite: elles permettent des réponses outragées des responsables de médias mis en cause alors que, me semble-t-il, les témoignages assumés - et non plus des confidences - ne manquent pas de la propension de Nicolas Sarkozy à intimider les médias.
Cette propension - qui n'exclut pas le passage à l'acte (Alain Genestar, Joseph Macé-Scaron...) - semble bien connue du milieu journalistique, ce qui amènerait à penser que dans la plupart des cas la menace n'a plus besoin d'être explicite (il suffit, comme le dit Plantu, que son objet soit un peu "pétochard"). La menace la plus efficace, n'est-elle pas muette, intériorisée et devancée? (Voir aussi les commentaires sur mon billet "Mensonge?".)
A ce propos, j'ai trouvé ça, ce matin:
[Big Bang Blog] - Et maintenant, le débat Samizdat
L’autre jour, on parlait des médias russes, avec Youlia Kapustina, et de la manière dont ils se sont poutinisés, après leur intermède de liberté, sous Eltsine. Elle me disait qu’il n’y a jamais eu, ou très peu, d’interdiction pure et simple. Il y a toujours des raisons, techniques ou juridiques, pour lesquelles on ne peut pas dire ceci, ou cela. De très bonnes raisons, imparables, comme toujours les raisons techniques et juridiques. Et la Russie poutinienne regorge d’excellents techniciens, et de fins juristes.A qui dirait que le parallèle est abusif, que la Russie n'est pas la France et que ça n'a rien à voir, je répondrais que j'ai cru pouvoir me rendre compte que, pour des raisons structurelles plus que culturelles, la situation post-soviétique n'est pas si radicalement éloignée qu'il semble de la situation française (et que si je n'en ai pas la preuve j'en ai la certitude). Mais je conviendrais que la comparaison de Daniel Schneiderman est grossièrement éxagérée: après tout, on ne tue pas les journalistes en France.
Dernière minute: j'avais loupé ça:
Pas plus tard que ce matin, un journaliste de la télé m'a dit qu'il avait fait l'objet d'une mise en garde de l'entourage de Sarkozy, à propos du débat Bayrou-Royal. Je lui ai demandé si je pouvais rapporter cette information en citant son nom. Il m'a répondu : "N'écris rien... Je ne veux pas être cité."
samedi 28 avril 2007
Le débat (?), essai de live-blogging
11:18.- SR: "ce n'est pas un débat, c'est un dialogue..." ben oui, logique, ç'aurait été plus clair de le dire plus tôt. SR est un peu trop longue en intro., je trouve, s'approprie l'exercice. Tendue.
FB reprend le mot dialogue. "En discutant voir ensemble ce qui est l'intérêt du pays".
SR: "les citoyens experts de ce qui les concernent..." Définition du projet VIe république.
Pour l'instant SR et FB ne se regardent pas. Ils regardent les journalistes. Faudrait pas non plus que la "dispute", les vraies matières à discussion soient shuntées.
11:30.- Question de Bourdin sur le ralliement de FB. Faudrait pas non plus que ça tourne à l'interview dudit.
"Vous ne direz pas pour qui vous voterez le 6 mai?
- Je ne donnerai pas de consigne de vote!" Nuance.
11:35.- SR s'est dégourdie, meilleure et elle parle du fond. Du coup FB semble moins bon (assez d'accord avec Versac sur le live-blogue de qui je viens de jeter un coup d'oeil). C'est la faiblesse de FB dans toute cette campagne: bonne position de front, manque d'arrière-pays (pour ne pas dire de profondeur, qui serait ambigu). Remet le couvert sur le débat lui-même!
Bien, Ségolène, la réponse sur les indemnités, pas démago.
Mesures anti-concentration: parlez concret... et regardez-vous (pas Bourdin)!
Ce qui ne va pas, c'est que c'est un débat (modéré, à l'américaine) et pas un dialogue!
11:50.- L'Europe. Vrai désaccord. Salaire minimum, ils se regardent et du coup FB contre SR fort. SR sait que son argument ne tient pas et fuit le dialogue. Sûr que pour elle, l'exercice est impossible.
Sur la BCE, c'est mieux. Elle interprète (nuance) son propos: pas de politique de l'euro faible. Et FB fait un pas vers la redéfinition des missions de la BCE. Bien.
12:05.- On arrive au coeur du désaccord, SR envoie son pacte présidentiel et sa démocratie participative en écran de fumée préalable. FB, sur la flexisécurité, pose directement la question à SR. Enfin le dialogue? On y est presque lorsque SR répond à son tour mais trop de fumée encore.
L'histoire des cautions. Dommage que la discussion tourne en eau de boudin.
12:20.- 35 heures. FB "on est tous les 3 d'accord", end of story.
Sur les retraites: réponse de SR par la relance de la croissance. Le problème, c'est qu'elle est moins crédible que NS sur ladite relance. Et elle se sert de la relance de la croissance, pour ne pas répondre au constat simple de FB: la quantité globale de travail en France est faible. Encore un fois FB va vers un vrai dialogue mais SR n'écoute pas et casse le dialogue. Dommage.
(Tiens, Versac trouve SR bonne sur ce coup.)
12:35.- Les "quartiers", c'était au générique d'ouverture. Accord (convergence de fond, cf. la baffe).
Sourires autour de "autorité juste", SR va peut-être comprendre que le martelage de mots-clés n'est pas forcément la bonne méthode en toutes circonstances.
12:55.- On arrive sur la fin, on rit un peu, sur le drapeau. Rire sérieux: ce que dit FB sur l'intériorisation des valeurs nationales (et qui me semble profondément vrai, pour lui, des valeurs religieuses). SR reprend, elle aurait peut-être pas dû.
13:00.- Les discours de conclusion sentent la fatigue. On n'aura parlé ni de la réforme de l'Etat, ni de l'Université et de la Recherche, c'est dommage. Impression globale: l'exercice était difficile, la forme n'a pas été tout fait trouvée mais (c'est mon impression globale à chaud) une novation démocratique assez réjouissante. C'est bien.
TVA & IS, une petite leçon de droit européen par maître Eolas
Maître Eolas explique clairement que NS dit n'importe quoi. A la suite de quoi, première remarque conclusive:
Encore une fois, on retombe dans l'antienne "l'Europe, bureaucratie incompréhensible qui entrave l'essor économique de la France" qui est l'excuse préférée des gouvernements français pour justifier leurs échecs et leurs promesses non tenues. De la part de quelqu'un qui, par les fonctions qu'il a exercées, ne peut ignorer ce qu'il en est, ce mensonge conscient est de la démagogie.C'est bien dit, j'ai cependant un doute quant au "mensonge conscient". Je me souviens de la bourditude Al-Qaïda, de la part de quelqu'un qui a été bien plus longtemps à l'Intérieur et aux Cultes qu'aux Finances (et j'ai entendu/lu à droite et à gauche qu'il n'avait pas pris excessivement au sérieux ce ministère qui servait peu son cursus honorum), ce n'était pas moins aterrant que cette incompréhension du droit européen et ça ressemblait bien à une ignorance réelle (et d'ailleurs on ne voit pas à quoi lui aurait servi de la feindre).
De plus, le Président de la République est garant du respect des Traités (article 3 de la Constitution). Or la TVA au niveau de l'Europe, ça vient d'un traité, et pas le moindre. Que le possible futur président feigne de ne pas comprendre ce traité a de quoi laisser circonspect.
Quant à la seconde remarque conclusive, bien frappée elle aussi, vous la lirez dans le billet original.
lundi 23 avril 2007
Les citadelles bayrouistes
- en Bretagne,
- en Alsace,
- en Aquitaine (sud), y compris le pays basque,
- dans le Massif Central,
- en Savoie,
- et dans la banlieue sud et ouest de Paris.
Soit, à l'exception de la dernière et avec une réserve pour la Savoie à cause de mon ignorance de la situation réelle du franco-provençal aujourd'hui, des régions où les langues minoritaires nationales restent vivantes (le sud du Massif Central, le Rouergue en particulier, est considéré comme la "réserve indienne" de l'occitan). Les langues minoritaires historiques principales, à l'exception notable du corse et du catalan (cf. infra), sont représentées par ces bastions bayrouistes: le breton, l'alsacien, le basque, l'occitan (que les bourriques micro-chauvines locales veuillent bien réaliser enfin que le niçart est un dialecte occitan), le franco-provençal (avec la réserve supra), le gascon (si on le distingue de l'occitan).
Cette réalité géographique du vote Bayrou est à la fois logique et surprenante. Logique, parce que François Bayrou est le seul des grands candidats à s'être démarqué de la dérive identitaire nationaliste-jacobine qui a marqué le gras de la campagne, le seul à s'être clairement prononcé pour la ratification de la charte européenne des langues minoritaires (cf. la prise de position de Ben). Surprenante par la coïncidence du résultat avec une prise de position qui n'a pas eu beaucoup d'écho et qui n'a pas semblé faire partie des enjeux de la campagne.
Les exceptions à ce tableau méritent considération (et préoccupation). Par commodité je les liste par langues/dialectes:
- Le provençal (sur l'occitan en général cf. infra): dans le sud-est et dans le midi méditerranéen, François Bayrou fait globalement des résultats inférieurs à son score national. Néanmoins, à l'exception du Vaucluse, notamment dans les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes, Bayrou fait mieux que Le Pen.
- Le corse: FB, qui y a défendu sa position sur les langues régionales, est dépassé par Jean-Marie Le Pen dans les 2 départements corses. La comparaison avec la situation de la Bretagne et celle de l'Alsace pose question. Hypothèse: la position de FB représente un modèle non jacobin d'intégration nationale inaudible pour la Corse dans sa situation actuelle.
- Le catalan: dans les Pyrénées-Orientales, Jean-Marie Le Pen dépasse François Bayrou d'une courte tête.
- Les autres exceptions sont moins nettes: le luxembourgeois, parlé dans le nord de la Moselle, où, sur l'ensemble du département, FB fait un score légèrement supérieur à son score national, et le flamand, dont je ne sais pas s'il est encore vivant dans la frange nord des départements du Nord et du Pas-de-Calais.
Sur l'occitan dans son ensemble: avant l'intégration des régions occitanophones, la France n'était que l'Ile-de-France, c'est-à-dire que la réalité occitane est essentielle à l'identité de la France. En d'autres termes, amputée de la Bretagne, de l'Alsace ou de la Corse, la France serait amoindrie, défigurée, blessée mais elle resterait la France, sans l'Occitanie (les régions originairement occitanophones) la France serait un autre pays. De ce fait la réalité occitane fait depuis toujours l'objet d'une dénégation essentielle qui passe en particulier par la réduction de la réalité linguitique occitane à sa réalité dialectale (péjorativée par l'appellation de "patois"). Je ne sais que Michel Rocard, parmi nos hommes politiques, pour avoir un matin dit la réalité dans sa nudité: que l'identité nationale française ne pouvait qu'être problématique et fragile parce qu'elle se fondait sur la fusion, déniée, de deux "nations" foncièrement distinctes (je n'ai malheureusement pas le mot à mot). Même François Bayrou parle de béarnais et évite le mot "occitan" (cf. par exemple le début du clip ci-dessus où il est évident qu'il a l'occitan en tête).
Aujourd'hui l'occitan survit, autrement que sous forme de traces (accent, emprunts lexicaux), selon deux modalités:
- la continuation, toujours diminuée, des pratiques vernaculaire, dans des milieux ruraux à l'écart des grands axes de communication,
- le réinvestissement, éventuellement par l'étude, par des couches jeunes, urbaines et éduquées (avec des variantes dégénératives "identitaires").
Sur l'aire occitane, ces deux modalités sont profondément disjointes et la répartition du vote Bayrou reflète la première exclusivement, la seconde étant généralement appuyée à une mobilisation politique radicale (alter-mondialiste ou extrême-droite pour ses pénibles variantes dégénératives "identitaires").
MàJ: Sur le site du Monde (toujours) une analyse de la situation géographique par Pascal Perrineau. Sa granularité est moins fine que celle que j'utilise ici puisque qu'il prend le niveau des régions. Ses remarques à propos des régions où FB fait ses meilleurs scores: régions de tradition centriste et démo-chrétienne, ce qui n'est pas forcément contradictoire avec les hypothèses, moins assurées, que je risque ici.
dimanche 22 avril 2007
La votation présidentielle vue de Suisse
vendredi 20 avril 2007
François Bayrou sur Oumma.com
L’islamophobie est un sentiment qui me révulse. C’est un racisme qui fabrique des rejets extrêmes, qui porte en germe des violences considérables. C’est donc un devoir d’Etat de lutter contre cette montée de l’islamophobie qui n’est rien d’autre qu’un refus de l’autre, qu’une méconnaissance « crasse » de l’Islam.et sur la "loi sur le voile":
Nous avons besoin que l’école apprenne l’histoire des religions et nous avons besoin que les musulmans disent les valeurs d’humanisme et de tolérance de leur religion. Aujourd’hui, il y a une confusion dangereuse entre l’Islam et l’intégrisme. C’est contre cet amalgame qu’il faut lutter de toutes nos forces. A chaque fois qu’il y a menace de dissolution, il faut rapprocher ceux qui s’éloignent.
J’ai eu à connaître de la question du voile à l’école lorsque j’étais ministre de l’Education nationale. On se souvient des trois étapes de cette affaire : le premier fut l’avis rendu par le Conseil d’Etat à la demande de Lionel Jospin. La deuxième est ma circulaire, qui va plus loin et interdit les signes ostentatoires au sein des écoles. La troisième est la loi de 2004 sur laquelle je me suis abstenu parce que je pensais que la solennité de la loi risquait de cristalliser les opinions, de rompre le dialogue plutôt que d’apaiser le climat.Sur la fin de l'interview, l'intervieweur lui tend la perche de l'anti-sionisme, qu'il refuse décidément exactement de la même façon que lors de son passage sur France 2 en février il avait refusé de saisir de la perche de l'anti-communautarisme (= anti-islamisme dans la circonstance) à propos de l'hôpital.
(Oumma.com / Bayrou.fr)
Les indécis sont des cons narcissiques (les amis de Ségolène Royal)
MàJ 2: Tout à l'heure, le site est remarqué par Gilles Klein, sur Pointblog, qui s'inquiète: "on a du mal à croire qu'il y ait un rapport avec l'association des Amis de Ségolène Royal, présidée par le brillant Pierre Bergé". Je suis au regret de lui dire que, sauf piratage, improbable jusqu'à plus ample informé, il s'agit bien des mêmes "Amis de SR".
MàJ 3: Décidément, ni parodie ni piratage, ou alors les webmestres du PS sont des bourriques: le site est lié depuis le site du PS. Elle a pas tort Ségolène: décidément on ne l'aura pas épargnée, dans son propre camp!
Màj 4 (2:00): Plus de doute: la page "Visite à domicile" a été corrigée, le coup de l'isoloir gommé (voir l'original, vers 20:30, sur ma capture d'écran). S'ils ne sont pas idiots, les responsables du site devraient avoir effacé l'ensemble des pages d'ici demain midi.
MàJ du 22.]
Un électeur indécis est sensible à l'attention qu'il génère. C'est du reste une des principales raisons de son indécision.Quoi faire pour gagner ces nombrilistes?
Comme le temps presse, vous allez sans doute être contraint de lui proposer la botte:- Ah ouais, bonne idée, ça marche! ... Meuh non, espèce de pervers: humour! Les amis de Ségolène ne sont pas les enfants de Dieu, la botte, c'est pas (tout à fait le flirty-fishing), c'est:
la visite à domicile le jour du scrutin et l'accompagnement jusqu'au bureau de vote.C'est que l'indécis, outre d'être narcissique, est un peu con ou sénile:
...
ému par votre présence dans le bureau de vote (vous ne pouvez hélas vous rendre dans l'isoloir pour effectuer l'indispensable vérification et vous allez sans doute lui demander les bulletins restant par précaution), il votera selon votre prescription.
Soyez simple et précis. Evitez, par exemple le péremptoire "Vote du bon côté !", trop ambigü.Moyennant quoi:
Le 22 au soir, vous pourrez vous reposer et vous vous sentirez beaucoup mieux...(Euh, faudra peut-être se réveiller un peu avant le 2d tour, non?)
Lorsque je suis tombé là-dessus, j'ai soupçonné le site parodique, alors j'ai un peu fouiné pour me rendre compte. Et bien non, hélas, ce n'est pas parodique, il semblerait que le site des amis de Ségolène soit une émanation du comité parisien Désirs d'Avenir et qu'il soit lié depuis le site Désirs d'Avenir lui-même (en rideau au moment où j'écris, sur quoi par ailleurs je n'ai pas réussi à trouver de moteur de recherche). Du coup je tombe sur d'autres perles...
Sur la page d'accueil:
Etre un "militant 2.0", devenir un "socialiste numérique", c'est à la portée de tous. Même de ceux qui ne savent pas de quoi il s'agit, qui n'ont jamais osé se rendre à un débat participatif ou qui n'ont jamais su régler leur magnétoscope.Non, je rêve, décidément, c'est parodique! Des crypto-bayrouistes très forts qui auraient infiltré l'ENS (le dossier sur l'enseignement est nommé "ferry" dans l'URL) et auraient réussi à tromper tout le monde? Je crains bien que non.
...
C'est facile, c'est technologique, c'est participatif, bref c'est socialiste.
Pour la bonne bouche (?), la page "Mode d'Emploi SMS" (voir aussi la pratique du SMS chez Sarkozy):
2 / Le ciblage efficacesuggestions de SMS (les 3 premiers):
Vous les classez par grandes familles :
les enfants du peuple de gauche prêts à trahir leur cause pour toutes les mauvaises raisons que l'on connait,
les sympathisants laxistes,
les hésitants,
les défaitistes,
etc.
Le 22 avril souviens-toi du 21 !et la page "Mail":
Dans un match PSG-OM, tu voterais pour l'arbitre ?
Tu ne vas quand même pas voter à droite ! Pas ça ! pas toi !
Nota Beneou le spam pour les nuls!
Mettre tous les destinataires dans "masqué" (cci, blind copy...), afin que vos différents destinataires ne se voient pas. Sinon vous vous engagez dans un débat sans fin, totalement contre-productif à ce stade.
Exemple de courriel(où il se confirme que l'indécis est a priori sénile! (et, avec le reste, que la contre-offensive anti-Bayrou du PS est, avec ou sans humour (ha ha!), identitaire (reptilienne?) et que de ce point de vue les convergences sont grandes avec le candidat symétrique.)
Toi, mon premier instructeur politique, le militant acharné des années 70, le socialiste héréditaire (pour le coup, de ce côté là, les gênes fonctionnent à mon avis), tu ne peux pas voter à droite ! Tout de même...
Pas ça, pas toi ! Reviens parmi nous, dans ta famille !
Je t'embrasse,
signature.
'Tain, chaque fois que je suis tenté par un retour réaliste-(cynique?)-identitaire au bercail, il faut que je tombe sur quelque chose comme ça! Comme dit mon amie N.: je veux voter Ségolène, alors j'évite de la voir ou de l'entendre.
Ce qui me tue, c'est l'impression que la stratégie raillée par Eleassar, qui pouvait sembler si ridiculement contre-productive, a en réalité assez bien fonctionné:
Connaissez-vous la meilleure façon de faire rentrer au bercail une partenaire tentée depuis longtemps par l'infidélité qui vient de passer à l'acte ? C'est très simple: aller la voir et expliquez lui d'un ton suffisant qu'il n'y pas plus débile que son idée d'aller voir ailleurs, que vous ne comprenez pas, même bête comme manifestement elle semble l'être, comment ça a pu lui prendre comme ça mais que si elle veut, elle peut revenir. Pas convaincu par la méthode ? C'est pourtant la stratégie que semblent appliquer les soutiens de Ségolène Royal, que ce soit dans la presse ou sur les blogs, envers le vote Bayrou "de gauche".D'où, petite proposition de méditation pour après les élections: comment se fait-il qu'on accepte collectivement d'être traîté(e) d'une manière qui ne susciterait, individuellement, que colère ou mépris? Pourquoi ce qui d'individu à individu apparaît comme de la lâcheté et de l'avillissement, de collectif d'individus à collectif d'individus apparaît plutôt comme de la loyauté et de l'esprit de responsabilité (ce n'est pas une question rhétorique: il ne me vient pas à l'esprit une seule seconde de soupçonner mes quelques amis qui, un moment tentés par le vote Bayrou, se sont rabattus sur le vote Royal d'une quelconque lâcheté ou veulerie)?
Powered by ScribeFire.
jeudi 19 avril 2007
La torpille Rocard / Zaki Laïdi (pour un social-libéralisme assumé)
Certes, la gauche peut légitimement récuser l’étiquette sociale-libérale. Mais elle peut difficilement en combattre le contenu. Et de ce point de vue, il n’y a guère de raison de se laisser impressionner par la valeur des mots. Car jusqu’en 1989, la gauche refusait de se dire sociale-démocrate, ce qu’elle n’a d’ailleurs historiquement jamais été. Combien de temps lui faudra-t-il pour se dire sociale-libérale ?[D'autres extraits sur le blog-notes.]
On peut n'être pas totalement convaincu par l'argumentation de ZL. Elle me semble en particulier sous-estimer singulièrement le poids idéologique de l'anti-libéralisme à la fois spécifiquement dans la gauche, où il trouve des appuis historiques et "identitaires" mais aussi plus largement dans l'ensemble de la société française (et à droite donc, d'où la confusion dans l'interprétion du non de mai 2005). Supposer que le PS puisse faire son aggiornamento (social-libéral) à froid et sans risque pour son unité, alors que ni mai 2002, ni mai 2005 n'ont suffi, est peut-être un peu optimiste. En tous cas, ça change des trop fréquentes invectives qui, du sein du PS, ont répondu à la propostion rocardienne.
Rocard et les deux Patrick
Ce que vient de faire Michel Rocard aujourd'hui ne me parait pas de nature au crépuscule de sa vie politique, à apaiser ses relations avec le parti socialiste.Le lendemain, en réponse à certains commentaires, PA, "inconditionnel rocardien", "persiste et signe":
(...)
C'est curieux mais mis à part le fait qu'elle soit une femme, en définissant Ségolène en 2007, je définis ce que je pensais de Rocard lorsqu'il était en pleine possession de ses moyens.
Sa sortie du jour est d'autant moins compréhensible et pour tout dire lamentable.
(...)
Ce que vient de signer Michel Rocard, ce matin, ce n'est pas simplement une tribune, c'est la mort de son ambition politique...
Je préfère simplement penser qu'il est touché par la vieillesse, plutôt que de le penser capable de faire une saloperie pareille à 9 jours d'un scrutin capital pour l'avenir de la gauche.Lundi, Patrick Mottard, qui n'est pas un inconditionnel rocardien, si je ne me trompe pas, commente, ironique:
J’avoue que les rocardiens historiques qui, aujourd’hui, jouent les vierges effarouchées m’amusent beaucoup…Si l'on en juge par les sondages qui ont suivi la "proposition Rocard", il se pourrait que PM, si je le lis bien, ait vu plus juste que l'autre Patrick. Si à la première réception, cette proposition a été comprise comme un cadeau à Bayrou (en crédibilisant sa stratégie), il se peut bien qu'elle ait servi plutôt Ségolène Royale en donnant de son équipe (MR venait de livrer son impressionnant rapport sur l'économie numérique) une image moins fermée, moins sectairement identitaire que celle laissée par la campagne de premier tour, marquée par nécessité de rassembler à gauche (et par le début de panique engendré par l'ascension fulgurante de François Bayrou dans les sondages début mars), aussi en réinstallant comme une perspective possible, par une alliance avec le centre, la victoire au 2d tour contre Nicolas Sarkozy. Si explicitement Michel Rocard a eu pour visée la victoire au 2d tour, il n'a peut-être pas si mal servi son camp pour le premier.
Cependant, le pavé dans la mare de Michel Rocard a un mérite : il permet de pointer l’état de faiblesse actuel de la gauche gouvernementale hors PS. Celui-ci est tel que la victoire de Ségolène Royal passe par une dynamique capable de s’affranchir du clivage gauche-droite au sens strict. Il nous reste trois petites semaines pour en convaincre les électeurs.
mercredi 18 avril 2007
Pour simplifier le 1er tour: les mashups de Kek
Assez Democrats contre Republicans, je trouve... Une dizaine d'autres tronches de Kek sur son blogue.
MàJ: J'ai piqué (avec Capture) les 2 images ci-dessus et puis j'ai mis un commentaire sur le blogue de Kek, un peu à la Google, quoi. Du petit échange qui s'ensuit, un lien alternatif vers le Générateur de président.
lundi 16 avril 2007
Libérer la parole?
Pourquoi je ne voterai pas pour Nicolas Sarkozy - Diner's room
Ne l'a-t-on pas entendu souvent dénoncer les tabous de l'univers politique et de sa langue ?
Certes. Et il est parfois utile de soulever la coquille d'une question encalminée.
Mais pour autant, le tabou n'est pas un mal en soi. Il impose de refréner ses pulsions. Le tabou a une fonction constitutive. Il permet à une société de se réunir autour d'interdits communs. Et la transgression du tabou n'est guère vertueuse
Aussi bien, glisser que les tabous devraient souffrir la transgression, c'est libérer la politique au champs des pulsions. De pulsions agressives. Car je renifle dans l'énergie de Nicolas Sarkozy une pulsion transgressive et agressive.
samedi 14 avril 2007
Génétique et sexualité dans le NYT / errances de la communication anti-sarkoziste
En matière de désir, l'évolution laisse peu de place au hasard. Le comportement sexuel humain n'est pas une performance libre, selon les découvertes de biologistes, mais il est gouverné, à chaque étape, par des programmes génétiques.Pas que je prenne le NYT pour vérité révélée mais juste pour suggérer que le scandale soulevé par les réponses de Nicolas Sarkozy à Michel Onfray - dont il faudrait relire l'article [extraits], estomaquant de sectarisme (self-righteousness suffisante plus exactement) - n'est peut-être pas un angle d'attaque très pertinent. Et plus précisément qu'à s'engouffrer sur le terrain des identités au lieu de combattre sur le terrain des faits - contrôle des médias, collusions, traitement de l'immigration, politique sécuritaire en trompe-l'oeil - réellement inquiétants la gauche a enfourché le mauvais cheval. Mais il se fait que le cheval identitaire permet de combattre Bayrou, et tant pis si au bout du compte on élargit la voie au projet busho-poutino-berlusconien (pour le dire vite) de Nicolas Sarkozy.
Sur une opération similaire (la rumeur), Daniel Schneidermann:
Je pense avec tristesse que Marianne a raté une occasion. Je pense que, s’ils avaient voulu donner à leurs lecteurs une bonne raison de ne pas voter Sarkozy, ils auraient mieux fait de publier le rapport de la CIMADE sur la régularisation des sans-papiers (à propos, vous l’avez lu ? Intégralement ? Il n’est pas trop tard). Un texte plus long que celui de Marianne, sans une injure, sans un gros mot, un texte qui nous attire et nous capture dans le silence de la réflexion et de la honte, plutôt que de nous faire rebondir, comme des balles de ping-pong affolées. Ne pas vouloir confier les clés de l’exécutif au ministre qui a créé cette situation-là, est une raison suffisante.
Voilà, au fond, ce que je reproche au dossier de Marianne. En privilégiant de mauvaises raisons de ne pas voter Sarkozy, ils laissent penser que les bonnes pourraient n’être pas suffisantes. Qu’un homme politique ait mauvais caractère, franchement, je m’en fiche. Un homme politique, c’est uniquement la somme de ses paroles publiques, et de ses actes. Et dans le cas qui nous occupe, il y en a largement assez pour faire bon poids, sans qu’il soit besoin d’aller chercher autre chose.
Powered by ScribeFire.
