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vendredi 14 septembre 2007

"Il faut simplement se taire pendant un moment..."

C'est le conseil de Denis McShane aux socialistes français ce matin sur FC:
Ecouter [MP3]:


"Partez en vacances, laissez monsieur Sarkozy faire ses propres erreurs..."

C'est apparemment la stratégie suivie par François Bayrou. Il la justifie dans un entretien à Sud-Ouest:
Quand un pouvoir s'installe, cela ne sert à rien de faire des commentaires. Les gens donnent leur confiance à ceux qu'ils ont élus, plus exactement ils la prêtent. Ils attendent de voir quelle est l'évolution de la réalité avant de formuler leur jugement.
(via Diner's Room)

jeudi 12 juillet 2007

La défaite des girondins

Revue ESPRIT - Nicolas Sarkozy, lecteur de Gramsci / Jérôme Sgard

Jusqu’à il y a peu, en effet, il semblait acquis pour beaucoup que les seuls à même de réconcilier pacifiquement la France avec l’Europe, la globalisation et les marchés viendraient de l’aile centriste du Parti socialiste. Disons, de tous ceux qui auraient soutenu Rocard, Delors et Strauss-Kahn aux présidentielles passées (on pourrait ajouter Mendès-France), et qui cette fois-ci ont souvent penché pour Bayrou, tout en lisant avec avidité Cohn-Bendit. On sait que cette convergence «libérale-libertaire», apparue dans les années post-68, proposait pour résumer un projet où les risques et les tensions de la libéralisation économique seraient équilibrés par une société devenue plus vigoureuse, plus innovante et aussi plus démocrate, parce que moins centrée sur l’État. Autonomie sociale, décentralisation, européanisation : tels étaient les trois thèmes centraux du rocardisme, auxquels on pourrait ajouter la distance par rapport aux intérêts financiers privés – faites-nous confiance pour libéraliser, nous sommes désintéressés !
Cette stratégie est aujourd’hui défaite, à la fois au plan politique et idéologique. Elle a été battue successivement par les jacobins de gauche, puis par les bonapartistes de droite, dans une sorte d’alliance intergénérationelle entre Mitterrand et Sarkozy.
...
« Déclinisme » et néo-bonapartisme auraient en somme partie liée, là où le discours commun international voit plutôt dans le second la cause du premier. Inversement, l’appel girondin à la société civile et à la décentralisation serait associé dans un tel contexte à l’idée d’une démission ou d’un renoncement.
(Plus d'extraits...)

jeudi 31 mai 2007

68 et 81, Foucault et Bourdieu rocardiens...

+ Mitterrand, Chevènement, la gauche, la droite, les Lip et l'autogestion...

Didier Eribon chez Sylvain Bourmeau le 15 mai dernier:


(fichier MP3)

"Ils étaient rocardiens et ont été renvoyés par l'évolution du parti socialiste (...) dans une radicalité extérieure à la gauche..."

(Eribon dédouane les intellectuels radicaux un peu rapidement, amha. D'ailleurs une écoute attentive reconnaîtra une certaine contradiction autour des notions de gauche et de droite.)

dimanche 20 mai 2007

Ce que pourra Kouchner (suite)

En complément de la note d'hier: dans l'Obs d'aujourd'hui, François Hollande explique que Bernard Kouchner sera, au sein du gouvernement Fillon, réduit à la "portion congue". Curieusement, il ne cite pas Hubert Védrine (toujours membre du PS, lui) qui dit assez clairement, dans un communiqué Associated Press, qu'il aurait accepté le poste si le Quai d'Orsay n'avait pas été réduit, précisément, à la portion congrue (on remarquera que les tractations n'ont apparemment pas porté sur les choix mais sur le territoire).

"Curieusement", c'est rhétorique, bien sûr.

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jeudi 19 avril 2007

La torpille Rocard / Zaki Laïdi (pour un social-libéralisme assumé)

Sur Telos, Zaki Laïdi propose une réfutation argumentée de la proposition de Michel Rocard. Le fond de l'argumentation est qu'une alliance forcée par les circonstances ne saurait remplacer le travail nécessaire au sein du parti socialiste. Travail dont l'horizon serait l'assomption, enfin, du social-libéralisme:
Certes, la gauche peut légitimement récuser l’étiquette sociale-libérale. Mais elle peut difficilement en combattre le contenu. Et de ce point de vue, il n’y a guère de raison de se laisser impressionner par la valeur des mots. Car jusqu’en 1989, la gauche refusait de se dire sociale-démocrate, ce qu’elle n’a d’ailleurs historiquement jamais été. Combien de temps lui faudra-t-il pour se dire sociale-libérale ?
[D'autres extraits sur le blog-notes.]

On peut n'être pas totalement convaincu par l'argumentation de ZL. Elle me semble en particulier sous-estimer singulièrement le poids idéologique de l'anti-libéralisme à la fois spécifiquement dans la gauche, où il trouve des appuis historiques et "identitaires" mais aussi plus largement dans l'ensemble de la société française (et à droite donc, d'où la confusion dans l'interprétion du non de mai 2005). Supposer que le PS puisse faire son aggiornamento (social-libéral) à froid et sans risque pour son unité, alors que ni mai 2002, ni mai 2005 n'ont suffi, est peut-être un peu optimiste. En tous cas, ça change des trop fréquentes invectives qui, du sein du PS, ont répondu à la propostion rocardienne.

mercredi 7 mars 2007

Jean-Marie Bockel sur l'effet Bayrou

Bockel et la progression de Bayrou, sur Initiative Européenne et Sociale. Ou une autre stratégie socialiste face à la progression de François Bayrou (cf. mes deux précédents billets).

Extraits:
Comment les socialistes doivent- ils combattre le danger Bayrou?

Ce fut le débat lors du dernier conseil politique du PS. Certains pensent que le phénomène n’est pas un vrai danger et qu’on peut l’ignorer, le centre n’étant qu’une force d’appoint. Pour d’autres, plus le PS sera à gauche, moins il y aura de flottements de ce côté-là.

D’autres encore estiment qu’il faut « cogner » contre Bayrou. Moi, je pense que ce serait une erreur de dire aux électeurs attirés par Bayrou: celui qui vous séduit n’est pas quelqu’un de valable. Nous devons leur dire : nous ne sommes pas ceux que vous croyez, nous sommes des socialistes, efficaces, justes, pragmatiques, réformistes.

Personne ne m’a chargé de quoi que ce soit, mais je m’investis totalement dans cette mission de parler aux électeurs de Bayrou. En 1988, François Mitterrand a été réélu aussi par les électeurs allant du centre droit au centre gauche. Il s’est adressé à eux par-dessus le PS, qui, déjà, n’avait pas su se moderniser.

Bayrou fait des clins d’oeil à DSK, parle de créer un grand «parti démocrate», qu’en pensez-vous?

Mon objectif est de faire gagner Ségolène Royal. Ce sera donc à elle de décider, le moment venu, du degré d’ouverture à opérer. Mais l’idée qu’il puisse y avoir, pour un temps limité et sous une forme à inventer, une union de toutes les énergies républicaines par delà la droite et la gauche n’est pas à jeter aux orties. J’ai déjà évoqué cette idée lors de la crise des banlieues. François Bayrou n’a pas le monopole de « l’union nationale ».

mardi 6 mars 2007

Cincinnatus ou Bonaparte

Etre indécis, ce n'est pas forcément "ne pas savoir ce qu'on veut". Les enjeux de la présente campagne et les incertitudes sur la réalité des politiques que mèneraient les candidats après leur élection sont assez importants pour qu'il soit raisonnable, à moins d'être déjà engagé dans un combat politique identifié avec l'un ou l'autre des candidats, de ne pas se décider trop tôt. C'est que le déroulement de la campagne peut encore offrir des occasions de mieux imaginer les éventuelles politiques futures. Ainsi il me semble que, peut-être un peu enivré par le succès de sa campagne jusqu'à présent et son tout frais passage de la barre des 20%, François Bayrou, dont la campagne me paraissait jusqu'ici à peu près impeccable, a fait je crois son premier faux pas en se prononçant pour la création d'un "grand parti démocrate".

On lui faisait un mauvais procès, amha, lorsqu'on soulignait son appartenance à la droite. Le projet de stratégie politique qu'il avait exposé, en particulier lors de son émission sur France 2, était clair: il faut faire travailler ensemble des hommes qui par-delà ce qu'il appelle le "mur de verre" partagent la conviction qu'un certain nombres d'actions sont à entreprendre d'urgence, sans les appeler pour autant à se renier, sans les appeler à renoncer à ce qu'il a appelé leurs "valeurs". En d'autres termes les circonstances présentes doivent amener à travailler ensemble des hommes qui en d'autres circonstances pourraient s'opposer. Et lorsqu'on lui opposait le bi-partisme de nos institutions, FB répondait, de façon assez convaincante, m'a-t-il semblé, par la dynamique présidentielle des institutions de la 5e république (qui avait manqué à Pierre Mendès-France). Cette logique correspond assez bien à l'embarras d'une partie de l'électorat de gauche, particulièrement socialiste, résultat de l'escamotage des conséquences du référendum européen, ceux qui ont voté oui et ceux qui ont voté non sans voter pour un repli national, ceux-là éprouvent quelque répugnance à voter pour ou avec la gauche national-étatiste, Emmanuelli ou Mélanchon au PS, JP Chevènement, au-dehors et plus tard MG Buffet... Contrairement aux analyses baroques de Laurent Joffrin, je suppose que c'est parmi eux que se recrutent la plupart des "bayrouistes de gauche". Ce vote Bayrou est un vote qui se justifie "dans les circonstances présentes", il ne suppose pas la conviction que tout d'un coup la division entre gauche et droite ait perdu toute pertinence théorique et pratique, il ne suppose pas un reniement. Pour cette partie l'élection de FB ou même un résultat significatif dudit est aussi une façon d'obliger le PS au travail nécessaire de clarification idéologique qu'il rechigne à faire. Le "grand parti démocrate" évoqué par Bayrou ne correspond pas à cette attente (selon les termes d'Eleassar, il vient augmenter le coût psychologique du changement d'intention de vote) et il ne me surprendrait pas que les courbes ascendantes des sondages bayrousiens subissent un sérieux hoquet dans les jours qui viennent.

Ah... et pourquoi Cincinnatus et Bonaparte? J'aurais pu écrire "Mendès-France ou De Gaulle", puisque ce sont ces deux figures que FB a évoquées comme exemples mais ça n'aurait pas été tout à fait juste pour le second. Ce matin, Olivier Duhamel comparait le statut futur du président de la République dans les projets des principaux candidats et en déduisait une critique de François Bayrou, accusé à la fois de césarisme et d'hypocrisie. Je crois la critique partiale. En particulier parce que le vice monarchique de l'exécutif dans nos institutions ne se résume pas au pouvoir du président de la république, il tient aussi à la structure courtisane de la répartition du pouvoir depuis le sommet de l'Etat vers les organes d'exécution (de ce point de vue voir parmi les soutiens de Ségolène Royal des personnes qui ont reçu leur pouvoir de leur proximité au chef de l'Etat et qui l'on conservé lorsque celui-ci a changé, ne me rassure pas quant à la probabilité d'une réforme de l'exercice du pouvoir si celle-ci était élue). Je ne sais pas si le projet de FB quant au statut du chef de l'Etat est un bon projet, faute d'avoir pris le temps de l'examiner et d'y réfléchir, mais ce qui me semble, c'est qu'un pouvoir fort pour le chef de l'exécutif ne se justifie que dans des circonstances particulières, d'urgence, et avec comme finalité le rétablissement d'une situation où ce pouvoir fort n'est pas souhaitable.

Tout cela ne fait pas un argument définitif contre un vote Bayrou de gauche. Cela devrait, si tout ce qui précède n'est pas trop délirant, rappeler aux électeurs de gauche qui voteraient Bayrou que leur vote n'est pas un vote d'adhésion aveugle mais un vote d'alliance et de ciconstance au service de finalités et de valeurs qui restent les mêmes.

lundi 5 mars 2007

Les bobos de Libé

Editorial de Laurent Joffrin, vendredi:
"Qui sont ces gens de gauche qui s'apprêtent à voter Bayrou ? La réponse n'est pas compliquée : ceux qui ont cru, en 1995, que Jacques Chirac, plus que Balladur et même que Jospin, allait «réduire la fracture sociale». Ceux qui ont pensé, le 21 avril 2002, que refuser leur voix au PS pour choisir Besancenot, Taubira ou Chevènement obligerait le candidat socialiste à faire des choix plus audacieux. Bref ceux qui, dans des circonstances importantes pour la gauche ­ et avec les meilleures intentions du monde ­ se sont toujours trompés."
Ce me semble, pour 95 autant que pour 2002, aussi loin de la réalité que possible. Je suppose que Joffrin devait avoir en tête des souvenirs traumatisants, sinon je ne m'explique pas le baroque de cette "réponse pas compliquée"!


Sur ce numéro de Libé, voir le billet de Versac:
"Quand je vois Libé, ce matin, en être réduit à l'appel au bobo, cette invention totale, ce concept passe-partout débile, ce nouvel intégrateur négatif de la société française, ce synonyme de parisien des élites oui-iste inconséquent, je me dis que, oui, Bayrou mériterait peut-être mon vote. Et que Joffrin est en train de me faire de plus en plus regretter ce journal que j'aimais avec ces procédés grossiers, qui prennent le masque de l'objectivité pour faire du militantisme balourd."
Voir aussi le billet d'Eleassar sur Optimum (que je découvre) à quoi renvoie Versac:

Il faut tout d'abord ne pas manquer de voir dans ces attaques un terrible aveu de faiblesse. J'aurais trouvé logique et convaincant qu'on me dise "toi qui te dis de gauche, il faut que tu votes Ségolène Royal plutôt que François Bayrou, elle est bien meilleure car ..." et s'ensuit un discours enflammé vantant la compétence de la candidate et l'intelligence de son programme. Je discute beaucoup de politique, je fréquente des gens plutôt diplômés, plutôt à gauche, et il est quand même frappant que presque personne n'essaie de défendre son projet ni sa méthode "participative". (...) Les fans de Sarkozy qui croisent ma route n'ont eux aucun complexe à défendre leur champion et son programme. Leur stump-speech n'emporte pas en général mon adhésion, mais au moins, j'ai l'impression que eux y croient.

A gauche, point de discours enflammés et point de débat de fond. Au lieu de ça, on commence en général par s'excuser ("tu sais, moi j'étais pour DSK") pour ensuite m'expliquer que voter Bayrou serait la pire des idioties. Parce que son programme est nul ? Non, du tout, en général on m'accorde à demi-mot qu'il est plutôt bon, mais c'est "stratégique, vois-tu. Voter Bayrou, c'est en fait voter Sarko. Et il faut tout faire pour éviter de faire passer Sarko. Et puis Bayrou, c'est un mou de droite, un imposteur" etc. etc., voir le début de ce post pour les citations les plus fleuries, "ne te fais pas avoir".

Cet "argumentaire" ne tient absolument pas la route. Tout faire pour éviter de faire passer Sarko, vraiment ? A en croire les derniers sondages, si vraiment le seul but est de faire obstacle à Sarkozy, on a tout intérêt à abandonner Ségolène Royal en rase campagne et de tous se rallier autour de François Bayrou. Car c'est bien lui qui est le mieux placé pour battre Sarkozy. "Oui, mais Bayrou n'a aucune chance de passer le premier tour" me dira-t-on. Si la gauche sérieuse vote pour lui, si. Et il battra Sarkozy, contrairement à Ségolène Royal.

De plus, si Ségolène est si sure de passer le premier tour, où bon sang est le mal de voter Bayrou ? En quoi est-ce un vote Sarkozy ? Rien, absolument rien ne m'empêche de voter Bayrou au premier tour et de voter Royal au second. Un vote Bayrou est avant tout un vote … Bayrou, pour l’homme et ses idées. Le seul scénario où un vote Bayrou serait un vote Sarko est celui ou voter Bayrou risquerait de faire passer Le Pen plutôt que Royal au premier tour. D'après les sondages, on en est loin et ce n'est pas du tout ce que la "dynamique des courbes", comme disent les sondeurs, laisse penser. Et pourtant, le matraquage stupide "Bayrou=Sarko" et les remarques méprisantes continuent et vont en s’accentuant.

(Tiens, en allant pêcher le lien, je vois que dans l'URL le billet s'appelle "Un-vote-Sego-est-il-un-vote-Sarko". Ce qui semble un lapsus mais la question mérite d'être posée, finalement.)

PS. Pour une argumentation sérieuse contre le vote Bayrou de gauche, loin des matraquages stupides, voir le billet récent de Garibaldo. Après l'avoir lu je me suis dis que c'était drôle que Garibaldo, dont les sympathies politiques ne semblent pas mystérieuses, ait fait un billet pour dire qu'il ne voterait pas Bayrou. Il y a tout de même un malaise.

MàJ (7.03.2007): Laurent Joffrin nuance sérieusement son propos ICI.

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