+ Mitterrand, Chevènement, la gauche, la droite, les Lip et l'autogestion...
Didier Eribon chez Sylvain Bourmeau le 15 mai dernier:
(fichier MP3)
"Ils étaient rocardiens et ont été renvoyés par l'évolution du parti socialiste (...) dans une radicalité extérieure à la gauche..."
(Eribon dédouane les intellectuels radicaux un peu rapidement, amha. D'ailleurs une écoute attentive reconnaîtra une certaine contradiction autour des notions de gauche et de droite.)
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jeudi 31 mai 2007
jeudi 19 avril 2007
La torpille Rocard / Zaki Laïdi (pour un social-libéralisme assumé)
Sur Telos, Zaki Laïdi propose une réfutation argumentée de la proposition de Michel Rocard. Le fond de l'argumentation est qu'une alliance forcée par les circonstances ne saurait remplacer le travail nécessaire au sein du parti socialiste. Travail dont l'horizon serait l'assomption, enfin, du social-libéralisme:
On peut n'être pas totalement convaincu par l'argumentation de ZL. Elle me semble en particulier sous-estimer singulièrement le poids idéologique de l'anti-libéralisme à la fois spécifiquement dans la gauche, où il trouve des appuis historiques et "identitaires" mais aussi plus largement dans l'ensemble de la société française (et à droite donc, d'où la confusion dans l'interprétion du non de mai 2005). Supposer que le PS puisse faire son aggiornamento (social-libéral) à froid et sans risque pour son unité, alors que ni mai 2002, ni mai 2005 n'ont suffi, est peut-être un peu optimiste. En tous cas, ça change des trop fréquentes invectives qui, du sein du PS, ont répondu à la propostion rocardienne.
Certes, la gauche peut légitimement récuser l’étiquette sociale-libérale. Mais elle peut difficilement en combattre le contenu. Et de ce point de vue, il n’y a guère de raison de se laisser impressionner par la valeur des mots. Car jusqu’en 1989, la gauche refusait de se dire sociale-démocrate, ce qu’elle n’a d’ailleurs historiquement jamais été. Combien de temps lui faudra-t-il pour se dire sociale-libérale ?[D'autres extraits sur le blog-notes.]
On peut n'être pas totalement convaincu par l'argumentation de ZL. Elle me semble en particulier sous-estimer singulièrement le poids idéologique de l'anti-libéralisme à la fois spécifiquement dans la gauche, où il trouve des appuis historiques et "identitaires" mais aussi plus largement dans l'ensemble de la société française (et à droite donc, d'où la confusion dans l'interprétion du non de mai 2005). Supposer que le PS puisse faire son aggiornamento (social-libéral) à froid et sans risque pour son unité, alors que ni mai 2002, ni mai 2005 n'ont suffi, est peut-être un peu optimiste. En tous cas, ça change des trop fréquentes invectives qui, du sein du PS, ont répondu à la propostion rocardienne.
Rocard et les deux Patrick
Réaction de Patrick Allemand à la "proposition Rocard" vendredi dernier:
Ce que vient de faire Michel Rocard aujourd'hui ne me parait pas de nature au crépuscule de sa vie politique, à apaiser ses relations avec le parti socialiste.Le lendemain, en réponse à certains commentaires, PA, "inconditionnel rocardien", "persiste et signe":
(...)
C'est curieux mais mis à part le fait qu'elle soit une femme, en définissant Ségolène en 2007, je définis ce que je pensais de Rocard lorsqu'il était en pleine possession de ses moyens.
Sa sortie du jour est d'autant moins compréhensible et pour tout dire lamentable.
(...)
Ce que vient de signer Michel Rocard, ce matin, ce n'est pas simplement une tribune, c'est la mort de son ambition politique...
Je préfère simplement penser qu'il est touché par la vieillesse, plutôt que de le penser capable de faire une saloperie pareille à 9 jours d'un scrutin capital pour l'avenir de la gauche.Lundi, Patrick Mottard, qui n'est pas un inconditionnel rocardien, si je ne me trompe pas, commente, ironique:
J’avoue que les rocardiens historiques qui, aujourd’hui, jouent les vierges effarouchées m’amusent beaucoup…Si l'on en juge par les sondages qui ont suivi la "proposition Rocard", il se pourrait que PM, si je le lis bien, ait vu plus juste que l'autre Patrick. Si à la première réception, cette proposition a été comprise comme un cadeau à Bayrou (en crédibilisant sa stratégie), il se peut bien qu'elle ait servi plutôt Ségolène Royale en donnant de son équipe (MR venait de livrer son impressionnant rapport sur l'économie numérique) une image moins fermée, moins sectairement identitaire que celle laissée par la campagne de premier tour, marquée par nécessité de rassembler à gauche (et par le début de panique engendré par l'ascension fulgurante de François Bayrou dans les sondages début mars), aussi en réinstallant comme une perspective possible, par une alliance avec le centre, la victoire au 2d tour contre Nicolas Sarkozy. Si explicitement Michel Rocard a eu pour visée la victoire au 2d tour, il n'a peut-être pas si mal servi son camp pour le premier.
Cependant, le pavé dans la mare de Michel Rocard a un mérite : il permet de pointer l’état de faiblesse actuel de la gauche gouvernementale hors PS. Celui-ci est tel que la victoire de Ségolène Royal passe par une dynamique capable de s’affranchir du clivage gauche-droite au sens strict. Il nous reste trois petites semaines pour en convaincre les électeurs.
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