dimanche 27 juillet 2003

Information technique: archives du blogue

Les liens vers les archives ne fonctionnent pas ou mal. Mais je suis en vacances depuis hier. Je vais m'en occuper.

(Pardon pour la vacuité de ce post: c'est pour faire un essai d'archivage!)

dimanche 20 juillet 2003

Des nouvelles des îles

Anne, qui part aujourd'hui pour Dublin, avait envoyé l'adresse de mon blogue à Christophe, primatologue dans des îles du nord-ouest indonésien. En retour elle a reçu cette photo:

christophe

Légende: "C'est un couple Minangkabau, l'ethnie dominante de Ouest Sumatra, qui tient un petit hotel dans la cambrousse, un endroit ou l'on s'est retrouvé pour tourner les singes. Ils étaient adorables ces petits vieux, comme si on était d'emblée chez papi et mami à 15 000 km de chez soi."

christophe se lave

Christophe étudie les macaques sur l'île de Siberut, dans le cadre d'un projet (d'origine allemande, si j'ai bien compris): le Siberut Conservation Project. Il a mis en ligne, sur le site "Econautes", un journal de voyage qui raconte la problématique écologique de ses îles, comme il l'avait fait un soir chez Armelle.

Cliquez sur les liens & vous voyagerez, un peu, dans les îles - malheureusement, Christophe n'a pas (encore?) déposé les histoires de fantômes qu'il m'avait offertes ce soir-là.

mercredi 16 juillet 2003

L'affaire Winckler

Je ne sais pas dans quelle mesure je n'enfonce pas des portes ouvertes ici... mais tant pis, ça ne peut pas faire de mal.



Martin Winckler a beaucoup de titres à susciter la sympathie:

- d'abord il est médecin. Un médecin, à condition de n'être pas cynique ni arrogant, est sympathique. Or Martin Winckler n'est pas cynique ni arrogant.

- ensuite il est écrivain, publié par un éditeur honorable. Il est devenu connu du public (vous, moi) par son roman, la Maladie de Sachs.

- cela n'aurait pas suffi pour moi, sans doute, si Martin Winckler n'était de surcroît un amateur de séries télévisées, de séries américaines en particulier.

- enfin il est un défenseur du logiciel libre (autre lien).

(Il y en a encore d'autres titres à la sympathie mais je fais court...)



Martin Winckler est donc sympathique & à ce titre il bénéficiait d'une chronique régulière nommée "Odyssée" (ce qui non plus n'est pas antipathique) sur France-Inter. Or, m'apprend Hervé Le Crosnier, sur sa liste de diffusion biblio-fr, la chronique de Winckler vient d'être brutalement supprimée & orwelliennement (enfin pas tout à fait, cf. la page orpheline toujours consultable) éradiquée du site de Radio-France. Pourquoi? pour avoir traité, lui médecin, des pratiques de l'industrie pharmaceutique, de façon un peu critique (il semble que Jean-Luc Hees lui ait surtout reproché d'avoir parlé en tant que médecin, brisant ainsi un pacte oral ou tacite).



Un point sur l'affaire Winckler chez Terre d'escale.

Les commentaire (+ liens) sur  linuxfr.org.



(Je ne suis pas un auditeur de France-Inter, je ne l'écoute que lorsque ce qui passe sur France-Cul me fait chier et/ou que repasse la boucle des infos de France-Info. Je n'aime pas le ton (& le fond) assez exactement "politiquement correct" de FI... Ce n'est donc pas comme auditeur lésé que je fais passer l'info, c'est par sympathie & peut-être aussi, un peu, par malice...)

vendredi 11 juillet 2003

A propos de Darwin

Sur le site (privé) de Merline, il y a quelque part, en exergue, cette citation d'un psychanalyste anglais (Adam Phillips):

"Pourquoi Darwin est-il plus radical que Freud ? Freud s'inscrit dans une tradition où on raconte sa vie comme une histoire, avec des conflits, des échecs et des succès. Chez lui, on trouve la recherche du plaisir et l'évitement de la souffrance; il me semble qu'il y a quelque chose de curieusement consolant là-dedans. Il y a aussi un désir inconscient, quelque chose qui nous fait avancer. Pour lui, la vie est fascinante et pleine de sens. Tandis que Darwin nous dit simplement : «Nous survivons afin de nous reproduire. Il n'y a pas d'autre projet», et cela fait de notre vie quelque chose d'absolument contingent, accidentel et insignifiant. Du coup, toutes nos idées sur le progrès, l'espoir, le sens de la vie, sont radicalement changées. Pour Darwin, que nous souffrions ou non n'a pas d'importance. Il n'y a rien qui nous fasse avancer, sauf ce projet très basique : survivre. Mais tous les deux parlent de ce que cela implique de vivre sans l'idée de Dieu." (Libération du 26.09.2002)

Je dois dire quelque chose là.

Le livre de Daniel Dennett, Darwin dangerous idea, qui a été mon livre de chevet, il y a quelques années, montre que le sens de l'entreprise darwinienne est plus radical que ça & que Darwin ne nous dit pas: «Nous survivons afin de nous reproduire. Il n'y a pas d'autre projet». Il montre au contraire qu'il n'est besoin d'aucune finalité, d'aucun projet, absolument, pour rendre compte de la réalité. Et ça change tout, en particulier ça ne laisse pas de place aux dérives du darwinisme social et, non, nous ne sommes pas sur terre pour nous reproduire (simplement, une forme biologique qui ne se reproduit pas disparaît & donc les formes biologiques qui subsistent ont tendance à se reproduire, il n'y a là nul projet).

Ce qui est amusant, c'est le tournant pascalien que peut prendre ce matérialisme radical: pour le croyant ou comment dire? pour qui le mot "Dieu" n'est pas un mot de trop, il n'y a pas dans cette démonstration une preuve athéiste mais un moyen de purifier l'idée du divin, de mettre ce qu'elle vise à sa vraie place, au fondement ultime de la réalité, avant toute médiation (et dans toute médiation,etc.). C'est encore trop peu dire. Il y a dans cette démonstration d'un philosophe sans doute athée une efficacité apologétique mystérieuse & réjouissante.

Pour se renseigner sur Dennett, utiliser la fenêtre de recherche à droite: "Daniel Dennett" ou "Darwin dangerous idea".

jeudi 10 juillet 2003

Mobilier Ming

L'exposition "Ming, l'âge d'or du mobilier chinois", au Musée Guimet se termine le 14 juillet. Je ne la verrai donc pas. J'ai incité Anne à y aller voir. Elle m'en renvoie un petit rapport:
"te dire que je suis allée voir l'expo sur le mobilier Ming qui est très belle. Je ne peux pas tout te raconter, mais j'ai quand même consigné une petite anecdote pour toi. Comme tu le sais peut-être, le bambou occupe une place primordiale dans l'imaginaire des lettrés et des artistes Ming. Les peintres Yuan (1279-1368) notamment s'identifient à cet arbre dont le tronc rigide mais souple leur rappelle leur propre condition : obligés de plier le genou devant l'occupant mongol, ils ne renient jamais leur propres valeurs.
Enfin, c'est qq chose du genre, mais il est possible que j'aie tout mélangé : does it make sense to u ?"

Parisiens, allez-y si vous ne l'avez déjà fait!
Pour les autres, qui comme moi ne le peuvent, l'adresse net du musée Guimet:
http://www.museeguimet.fr/pages/page_id18643_u1l2.htm
(où l'on trouve des dossiers de presse instructifs en format pdf)

Envoi d'Anne: Jenny Joseph

Un poème, très populaire en terres anglo-saxonnes, de Jenny Joseph, envoyé par Anne:



WARNING

When I am an old woman I shall wear purple

With a red hat which doesn't go, and doesn't suit me,

And I shall spend my pension on brandy and summer gloves

And satin sandals, and say we've no money for butter.

I shall sit down on the pavement when I'm tired

And gobble up samples in shops and press alarm bells

And run my stick along the public railings

And make up for the sobriety of my youth.

I shall go out in my slippers in the rain

And pick the flowers in other people's gardens

And learn to spit.

You can wear terrible shirts and grow more fat

And eat three pounds of sausages at a go

Or only bread and pickle for a week

And hoard pens and pencils and beermats and things in boxes.

But now we must have clothes that keep us dry

And pay our rent and not swear in the street

And set a good example for the children.

We must have friends to dinner and read the papers.

But maybe I ought to practise a little now ?

So people who know me are not too shocked and surprised

When suddenly I am old, and start to wear purple.

dimanche 6 juillet 2003

Lecture: Nietzsche et son père

Lu ce matin Nietzsche et son père de Frédéric Pajak, publié il y a deux mois aux PUF. C'est un petit livre de moins de 100 pages qui se lit d'un trait, délicieux d'intelligence & de liberté d'écriture. Conseil de lecture, donc. Je le prête à qui veut qui soit à portée du Jonquet!

Juste dommage que les 3 derniers paragraphes du 1er chapitre viennent troubler l'impression de perfection virtuose laissée par la lecture: idéologiques, au moment même de dénoncer les idéologies!

extrait:

"Sauver le monde, c'est d'abord se sauver soi-même, et c'est, en quelque sorte, se sauver du monde. Nietzsche le sait bien, et très tôt il pressent, à propos de l'esprit allemand, que celui-ci pourrait s'extirper du corps allemand, le laissant là, dans le vide du monde, comme un corps qui ne servirait à rien. Serait-ce dire que l'esprit peut exister hors du monde? Nietzsche, dans sa furie contre Hegel, sa furie contre la raison et les raisonneurs, n'est pas loin de le penser, ou plutôt de le ressentir, car il ressent le monde, et il le ressent tel un corps malade, un corps qui aurait perdu la tête."

Turkmenistan

Post transféré aux Voyages.

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