mercredi 2 mai 2007

Diabolisations

Ecoutez-les, les héritiers de mai 68 qui cultivent la repentance, qui font l’apologie du communautarisme, qui dénigrent l’identité nationale, qui attisent la haine de la famille, de la société, de l’Etat, de la nation, de la République.
Dans cette élection il s’agit de savoir si l’héritage de mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes.
Commentaire d'Henry Rousso (Mai 68 ou l'ennemi imaginaire / Annette Willard dans Libération de ce matin):
«On utilise un argument du type des discours contre-révolutionnaires au XIXe siècle, qui consistaient à voir dans un événement historique révolutionnaire ­ qu'on qualifie de maléfique ­ les causes d'un supposé déclin français» , rappelle l'historien Henry Rousso, ancien directeur de l'Institut d'histoire du temps présent. «Mais ici le discours se réfère à la culture, donc il est vague et extrêmement difficile à déterminer. C'est la différence entre le discours conservateur, qui réhabilite les valeurs traditionnelles de la famille et du travail, valeurs dont se réclame aussi Ségolène Royal, et le discours réactionnaire, qui prétend que la perte de ces valeurs vient d'une configuration historique. C'est un argument fantasmagorique, qui ne tient pas sur le plan historique. D'abord, Mai 68 n'est pas une césure majeure dans l'histoire du monde­ si on la compare avec la chute du mur de Berlin en 1989. Et faire de 68 la cause unique de toutes les valeurs dominantes aujourd'hui est une absurdité.»
«Aucun sens». En tout cas, le but est simple : «J'ai voulu rendre à la droite républicaine sa fierté [...], qu'elle cesse d'avoir honte d'être à droite», explique Sarkozy lui-même (dans le discours de Tours, le 10 avril). Et pour cela, il a trouvé un bouc émissaire. «Sur le plan historique, cette configuration de 68 n'a aucun sens , reprend Henry Rousso. Sarkozy veut marteler cette idée qu'il y a une culture de droite ­ qui existe, mais il veut la définir en érigeant un ennemi imaginaire. Il reproche à Ségolène Royal et à la gauche de le diaboliser, mais c'est ce qu'il fait : il érige Mai 68 en une sorte de figure du diable... absolument indéfinissable.» [Gras de mon fait.]
[Je complète et modifie ici un billet d'hier intitulé "diabolos", dont le titre était un peu (trop) allusif. Il m'était venu à la suite d'un échange en commentaires sur "Liberté des médias" où CJ voyait Nicolas Sarkozy un "séisme symbolique", à quoi j'opposais comme exemple de novation symbolique le dialogue de la veille entre Ségolène Royal et François Bayrou. Après coup, comme je relisais le discours de Bercy, sensible à son effet violemment diviseur, je me suis souvenu de l'étymologie du mot "diable"(Wikipedia: "Diable provient du grec diabolos (de diabolein = séparer) qui signifie calomniateur qui est l'inverse du grec symbolon : rapprochement."), ce qui collait assez bien avec notre échange. Bien sûr, étymologie n'est pas raison, mais je dirais volontiers que, selon l'étymologie, le débat de samedi était une avancée "symbolique" et le discours de Bercy un séisme "diabolique", enfin... une tentative.]

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