samedi 30 septembre 2006

Monique Canto-Sperber: morale et politique

De façon générale, j'ai tendance à penser que la morale et le moralisme parasitent trop souvent le débat politique (lorsqu'une éthique de conviction brouillonne et complaisante empêche l'exercice nécessaire de l'éthique de responsabilité). C'est pourquoi lorsque ce midi Monique Canto-Sperber se met à dénoncer le moralisme, je me sens très enclin à approuver mais lorsqu'elle nomme en exemples deux victimes de ce "moralisme" généralisé selon elle je ne peux en croire mes oreilles: Peter Handke et Benoit XVI.

Quant au premier, je crois me souvenir que c'est surtout Marcel Bozonnet qui a dernièrement fait l'objet d'une censure morale (se démontrant ainsi une aporie structurelle du nietzschéisme vulgaire qui transforme aisément la critique de la morale en super-morale). Pour Benoit XVI, beaucoup a été dit, on lui a reproché sa maladresse, ses lacunes historiques ou sa vision partiale de l'histoire, on a soupçonné ses intentions politiques, on l'a aussi beaucoup défendu mais je n'ai pas entendu qu'on lui ait fait la morale, en France du moins.

Qu'est-ce qui a bien pu pousser Monique Canto-Sperber à prendre ces deux exemples alors qu'on en trouverait facilement d'autres plus évidents? Je ne peux m'empêcher de penser que les "moralistes" visés ici sont, ceux qui refusent l'oubli du génocide des musulmans bosniaques comme ceux qui refusent une vision partiale de l'histoire de la chrétienté, de l'islam et de leurs rapports, ceux qui refusent que la morale peut-être mais la vérité certainement soient sacrifiées au nom de la défense de l'Occident.

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