mercredi 19 juillet 2006

Yazid

Il semble que depuis l'interview de Zineddine Zidane sur Canal, l'excitation soit retombée (et du coup l'injonction de Patrick Mottard entendue).

Lundi 10, après avoir posté, je descends "en ville": Libération et Nice-Matin affichent le même titre: "CRUEL !", ce qui doit être une première, et j'entends au bar réclamer que Zidane rende l'argent.

Mardi, je contribue à Coïtus Impromptus, où le thème de la semaine est"Mon orgueil traînait dans la boue", avec, comme d'autres, en tête le "geste" de Zidane. Et arrivent les résultats d'un sondage réalisé la veille: 61% des Français pardonnent à Zidane et 52% le comprennent.

Mercredi, je n'ai pas écouté l'interview: nous étions à Nice pour le deuxième concert d'Anupama (elle a fini sur un darbari kanada magnifique, alap seulement, sans tablas). Serions-nous restés au Jonquet, ç'aurait été idem: nous ne recevons pas Canal. Mais après le concert nous sommes allés boire un verre à une terrasse non loin sur Lech Walesa avec Anupama, Alain P. et Michele, un turinois, joueur de sitar lui aussi. (...) Au moment de payer Alain et moi sommes entrés dans le bar et nous avons demandé des nouvelles de l'interview de Zidane, s'il avait dit ce que Materazzi lui avait dit. Pendant que la blonde nonchalante et peu vêtue qui faisait le service tapotait d'un doigt notre addition et tirait de sa main libre son anneau de nombril, le patron nous a répondu que non, qu'il s'est excusé auprès des enfants, qu'il avait seulement dit que ce qu'avait dit Materazzi était grave.

Le lendemain j'ai lu les compte-rendus de l'interview: "Zidane s'excuse mais ne regrette pas."

Pourquoi revenir sur tout ça? Parce que j'ai perdu l'habitude de me retrouver du même côté que la majorité de mes concitoyens? Disons à cause des plaisanteries (le web en est plein et j'en ai échangé pas mal irl), de la presque bonne humeur en quoi s'est transmutée la consternation de dimanche soir. Je crains que la compréhension dont a bénéficié Zidane et, à un niveau plus modeste et plus personnel, mon petit texte ne se transforment en apologie du coup de boule. Donc revenir là-dessus juste pour finir par dire qu'il n'y avait rien de réjouissant dans ce qui s'est passé dimanche soir et que si ZZ ne veut pas regretter son geste, nous pouvons regretter (et lui sans doute avec nous) qu'il ait eu à le faire. Après avoir vu le rerun, nous avons tous espéré que l'arbitre sorte un carton jaune ou pas de carton du tout mais en même temps nous savions tous que ç'aurait été injuste. Baptiste a bien dit dans le commentaire qu"il a laissé à mon billet et qu'il a repris sur son blogue: "Ce geste pose, comme tous les antiques gestes d'honneur, un problème moral. Le seul moyen de mettre un terme aux lois de l'honneur est de les remplacer par un principe de justice."

Et... il en va ici de l'articulation de la loi, de la morale et du désir mais... je n'y vois pas clair... je vais relire Antigone!

(Yazid, parce que c'était le prénom d'enfant de Zineddine Zidane, paraît-il, à la Castellane, et parce que, il y a au fond de ces histoires d'honneur quelque chose de l'enfance. Je lis que Zidane aurait dit: "Cela touche à la maman, à la soeur" et "le coupable, c'est celui qui provoque", des histoires d'enfance, de cour de récréation, comme dans mon petit texte pour CI... C'est ça, non, l'honneur, un héritage de l'enfance?)

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