Dans Manifeste incertain 3:
- p. 12: Pour Paul Nizon, ses livres sont des legs qu'il laisse comme une traînée de poudre derrière lui. Ils lui permettent de « ramper jusqu'à la lumière». Dans Marcher à l'écriture, il se définit comme un « diseur», c'est-à-dire « quelqu'un qui se sent obligé de se dire à soi-même ce qu'il voit, apprend, ressent» sous peine d'abandonner au néant les choses, les gens, sa vie même. L'écriture les sauve de l'inexistence, de l'irréalité, mieux: «Seule la réalité devenue langage est une réalité acquise.» Ainsi donc, la réalité n'existe pas en soi ; il lui faut des mots, des mots écrits, pour avoir droit d'existence.

