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samedi 8 septembre 2007

No Comment!

Il y a eu une énorme erreur de gestion de la pression pendant les douze heures qui ont précédé la rencontre. On voulait du côté du staff que les joueurs soient émotionnellement au top au coup d'envoi et au contraire, ils se sont retrouvés complètement vidés. Le problème est que l'encadrement a voulu en rajouter et a fait lire au groupe la lettre de Guy Moquet, ce qui a créé un surplus d'émotion. Les joueurs avaient les larmes aux yeux. Le match était quasiment cinq heures après. [...] Et ce qui devait arriver est arrivé : les joueurs étaient vidés au moment du match. Ils ont joué le match dans leur tête plusieurs fois et ils ont eu en fait les jambes en coton au mauvais moment. Ils n'ont pas pu mettre la main sur le ballon pendant les vingt premières minutes. Certains joueurs pensaient à ce match depuis quatre ans. Et tout a été anéanti par cette montée en pression ratée. Le staff a complètement loupé cette entrée en matière.
(Laurent Benezech sur MSN, via Diner's Room, où Jules discute l'opportunité stratégique de la lecture. Comme je ne suis pas supporter, j'ai l'impression, malgré toute l'estime que j'ai pour lui, que c'est regarder le doigt au lieu de la lune.)

lundi 25 juin 2007

Guy Môquet: les historiens sont des emmerdeurs!

versac: Confusion

Versac commente l'article du Monde qui replace la lettre de Guy Môquet dans son contexte historique ("fracassante tribune", écrit-il):
Je me vois, dans quelques années, avec ma fille, sortant de son premier jour de classe, ayant eu la lecture de cette drôle de lettre, et appelant à explication, version "dis papa", quel est le sens de cette lettre exaltée ? Je lui raconterai alors sans doute qu'un président a décidé au lendemain de son élection qu'on la lirait, comme un fait du prince, comme une forme d'édification des foules à l'héroïsme, mais qu'il s'est sans doute trompé.
(...)
Et je me demanderai pourquoi un seul homme peut décider ainsi d'une lecture faite à des millions de personnes, sans avant celà sonder avec un peu de profondeur les débats sur un mythe installé.

mercredi 23 mai 2007

"Pourquoi je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet..."

Libération (Rebonds):

Vouloir faire lire en début d'année cette lettre risque de limiter cet exercice à une séquence émotionnelle à laquelle la lettre se prête particulièrement bien. Je ne sais pas s'il s'agit là de la motivation profonde de cette initiative ; est-il permis de rappeler au nouveau président que l'enseignement de l'histoire ne s'accommode pas de ce seul registre mais a toujours besoin de sens, c'est-à-dire en l'occurrence d'une remise en perspective dans un contexte élargi. Or il existe déjà pour ce faire un cadre qui concerne quasiment tous les lycéens des filières générales, technologiques ou professionnelles, celui des programmes officiels d'histoire et de l'étude de la Seconde Guerre mondiale.

Le Figaro (Débats et Opinions):

Non, Monsieur le Président, je ne lirai pas la lettre de Guy Môquet tant que n'auront pas été engagées les réformes structurelles du ministère de l'Éducation nationale qui mettront fin à la démence toute puissante des instances coupables des mesures les plus destructrices de tout espoir de justice sociale, tant que n'auront pas été engagées les réformes pour que l'école cesse de conforter les enfants dans leur nature d'enfants, pour que l'école accepte enfin de remplir sa seule mission : instruire.
(Petit exercice: Comparez les deux argumentaires. A partir de cette comparaison et de cet exemple précis, expliquez pourquoi la droite a gagné idéologiquement les élections présidentielles.)

Voir aussi sur le blogue "Hansen-Love Philosophie".

PS, grain de sel: n'étant ni enseignant, ni parent d'élève, je ne suis pas directement concerné. J'ai tout de même envie de dire que, sans m'indigner, ce genre de mesure me hérisse profondément, comme serait de faire chanter en choeur la Marseillaise aux gamins, ou leur faire agiter des petits drapeaux tricolores. J'ai peut-être tort, l'endoctrinement est peut-être une composante nécessaire de l'éducation nationale, mais je n'y peux rien, ça me révulse.

PPS. Le nouveau ministre de l'Education nationale vient de déclarer "indispensable" le vouvoiement à l'école, "pour que chacun soit à sa place". Encore une fois, je ne me sens pas autorisé pour juger de la pertinence de cette position ministérielle. J'ai tout de même envie de remarquer qu'il semble régner un consensus assez général, de la droite et de la gauche "de gouvernement", pour proner une réinstitiutionnalisation de l'école, une restauration de l'autorité et des statuts en son sein. C'est peut-être nécessaire mais je crains que l'essentiel ne soit pas là et que même cette réinstitutionnalisation, outre qu'on puisse la soupçonner d'instrumentaliser l'école au service d'objectifs et de débats qui ne sont pas les siens, parasites, donc, se révèle impuissante voire nocive si elle n'est pas couplée à une redéfinition radicale des fonctions de l'école (ce n'est pas le lieu de développer ici, je ne sais pas d'ailleurs si je saurais le faire - je me contente de renvoyer, à titre de piste à un billet récent que j'ai posté sur bibliothécaire).

MàJ.: échanges sur le blogue de Baptiste Jacomino (ici & là), qui me fait lire une remarquable synthèse de Michel Fabre (qui démolit, sans haussements de voix excessifs, ce discours "républicain" sur l'école dont la récente campagne a consacré le triomphe).

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