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mardi 17 avril 2007

"... chercher sur l'Internet ce qui était en train de se passer"

Trente-trois morts sur un campus universitaire de Virginie - NOUVELOBS.COM | 16.04.2007
Le surveillant de sa résidence a frappé à sa porte vers 8h pour l'avertir de rester enfermée dans sa chambre.
"Ils nous ont enfermés", a-t-elle raconté. "Ils ont ensuite levé l'ordre temporairement, et le tireur a fait feu à nouveau", a-t-elle ajouté. "Nous étions tous enfermés dans nos chambres à chercher sur l'Internet ce qui était en train de se passer".

dimanche 4 mars 2007

Internet et post-libéralisme

J'écoutais à l'instant d'une oreille l'émission "Questions d'éthique" où Monique Canto-Sperber recevait Gérard Grunberg, auteur avec Zaki Laïdi de "Sortir du pessimisme social: essai sur l'identité de la gauche".
(Extrait de la présentation en ligne: La mondialisation serait le péril principal, et le marché, le diable : la gauche, qui incarna longtemps l'espérance, a-t-elle fini par céder au pessimisme social ? (...) le marché peut aussi être mis au service de la lutte contre les inégalités et que la mondialisation constitue une chance pour quelques milliards d'individus de sortir du dénuement.)
Le propos et la question qu'il pose à la gauche m'apparaît pertinent voire urgent mais voilà que Grunberg argumente:
"Le marché, sans l'aide de l'Etat, a créé le plus grand bien public gratuit de l'histoire avec Internet..."
Hein? L'armée et les universités, ça n'a rien à voir avec l'Etat?

Ce qui est vrai, c'est que la génèse d'Internet, dans son histoire, ne correspond en rien à la conception colbertienne, top-down, étatiste, des Très Grand Projets industriels auxquels nous sommes habitués, le succès de l'internet est le succès d'un réseau qui s'est peu à peu constitué associant des agences gouvernementales, des universités, qui ne sont pas aux Etats-Unis des administrations, et des entreprises commerciales.

Outre la stupéfaction que suscite cette ignorance, chez des intellectuels tentant de repenser la gauche française, de la réalité d'un phénomène comme Internet, cette contre-vérité (qui, me semble-t-il, est très répandue) est le symptôme
dans notre débat politique d'une ankylose du concept devenu central de libéralisme. Les conséquences de cette ankylose (ou idéologisation, ou dogmatisation...) sont dramatiques pour la gauche: en confondant libéralisme et capitalisme, les "anti-libéraux" (la gauche de la gauche, y compris la gauche du PS) ne savent proposer, au-delà des velleités, qu'un renforcement d'un étatisme euphémisé comme "défense du service public", symétriquement, à opposer de façon binaire libéralisme et étatisme, les tenants du social-libéralisme se condamnent à ne proposer qu'une version aménagée du libéralisme de droite.

Pendant ce temps, aux Etats-Unis, entre autres, à partir de la réalité, prise au sérieux, de l'internet et de l'économie de l'information, certains essaient de penser une nouvelle configuration économique, politique et sociale qui n'est plus celle du capitalisme libéral classique (voir par exemple Yochai Benkler: The Wealth of Networks).

(Le problème (pour nous), c'est que ce qu'on pourrait appeler le "post-libéralisme" pousse sur le terrain d'économies et de sociétés libérales or ni l'économie, ni la société françaises ne sont libérales. Ce pourrait être une chance, celle de nous éviter certaines des douleurs de la libéralisation sauvage: il y a des retards féconds, mais pour cela il faudrait avoir la claire volonté d'aller au-delà du "libéralisme" et non de rester en deça et la conscience que le "post-libéralisme" (vers quoi, il me semble tend quelqu'un comme Thierry Crouzet) n'est pas un anti-libéralisme, qu'il est même, dans les conditions particulières de la France, un libéralisme.

La présentation en ligne de Question d'éthique se termine par ces questions:
La désignation de Ségolène Royal marque-t-elle une inflexion dans le rapport de la gauche au monde ? S'agit-il d'un tournant qui permettra précisément à la gauche de se doter d'une nouvelle perspective ?
Bonnes questions, non?

dimanche 14 janvier 2007

Les trous noirs du web

Reporters sans frontières a mis en ligne une carte cliquable des 13 "ennemis de l'internet":



D'ouest en est:
- Cuba
- Tunisie
- Belarus
- Egypte
- Arabie Saoudite
- Syrie
- Iran
- Turkménistan
- Ouzbékistan
- Birmanie
- Chine
- Vietnam
- Corée du Nord

(Où passer ses vacances à l'abri de Big Brother!)

samedi 6 janvier 2007

Alain Finkielkraut: l'Internet "Big Brother"

(Source: Les différents dérapages de Alain FINKIELKRAUT contre les Français d'outre-mer)

Un truc un peu ancien (13 mars 2005 sur RCJ). AF en somme se plaint de ce qu'internet interdit ce qu'on reproche à Tariq Ramadan sous le nom de "double langage".
Alors, je parlais d’internet, eh bien, j’en parlerai encore un peu, ...,moi, je me vante souvent, enfin, je me vante, je constate que je suis débranché, je n’utilise pas internet, je n’ai pas de portable et caetera, mais on ne peut pas choisir d’être débranché, on ne peut pas choisir le monde dans lequel on habite. Nous vivons sur internet et qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que "Big Brother is watching you" et qui est "Big Brother", ce n’est pas l’Etat, ce n’est pas le pouvoir, ce ne sont pas les politiques, c’est la société planétaire elle-même. ... Internet, si vous voulez, c’est l’introduction de la surveillance et de la délation généralisée. Je m’adresse à un certain public, un autre public me regarde, un autre public peuplé de communautés repliées, elles-mêmes, sur leurs propres griefs et qui n’entendent que ce qu’elles ont envie d’entendre pour précisément conforter leur violence et leur amertume.

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