Comme noté plus tôt, je suis frappé par la claire simplicité des formules de Simone Weil que je découvre par le biais de pages de citations trouvées sur le web (en sorte que ce que je dépose ici est un florilège de florilège). En particulier je trouve sur Wikiquote un choix de citations politiques et parmi celles-ci quelques fortes vérités sans la conscience desquelles un engagement politique qui se voudrait juste ne peut qu'errer.
Ce sont précisément de ces vérités que l'offensive gramscienne de la droite nationaliste actuelle tente de disqualifier, de ringardiser, comme expression d'un politiquement correct, d'une culture de la repentance, voire d'un masochisme national:
"L'hitlérisme consiste dans l'application par l'Allemagne au continent européen, et plus généralement aux pays de race blanche, des méthodes de la conquête et de la domination coloniales."
"On prétend que Napoléon a propagé, les armes à la main, les idées de liberté et d'égalité de la Révolution française ; mais ce qu'il a principalement propagé, c'est l'idée de l'État centralisé, l'État comme source unique d'autorité et objet exclusif de dévouement ; l'État ainsi conçu, inventé pour ainsi dire par Richelieu, conduit à un point plus haut de perfection par Louis XIV, à un point plus haut encore par la Révolution, puis par Napoléon, a trouvé aujourd'hui sa forme suprême en Allemagne. Il nous fait à présent horreur, et cette horreur est juste ; n'oublions pas pourtant qu'il est venu de chez nous."
Mais il y en a aussi pour la gauche:
"Le mot de révolution est un mot pour lequel on tue, pour lequel on meurt, pour lequel on envoie les masses populaires à la mort, mais qui n'a aucun contenu."
comme pour l'Eglise:
"L'Église commet un abus de pouvoir quand elle prétend contraindre l'amour et l'intelligence à prendre son langage pour norme."
(Simone Weil, quelques citations politiques sur Cercamon., avec indication des sources.)
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mardi 2 juin 2009
lundi 1 juin 2009
Découvertes tardives
Je découvre, tardivement, Michel Zink à écouter, par petits bouts, le soir avant de m'endormir la plupart du temps, ses conférences du collège de France sur le Graal. Je m'imaginais que ce serait une plongée érudite dans l'univers lointain et exotique du moyen-âge littéraire (où j'aime me promener de temps en temps, voire m'égarer) mais c'est autre chose que je trouve, une réflexion sur la mystique et son paradoxe. La question que se pose MZ est: "Comment se fait-il que les chevaliers du Graal se mettent en quête de celui-ci à partir du moment et seulement à partir du moment où ils l'ont déjà rencontré?" où il retrouve l'écho d'une aporie plus générale: "Tu ne Me chercherais pas si tu ne M'avais déjà trouvé."
Et par l'intermédiaire de Michel Zink, je découvre, plus tardivement encore, parce que souventes fois rencontrée mais à chaque fois négligée, Simone Weil. Ce que je percevais chez elle de dolorisme, voire de masochisme, m'avait à chaque fois repoussé. A la citer longuement dans sa seconde conférence, MZ m'oblige à l'écouter puis à me renseigner plus précisément et ce que je découvre, pour l'instant par des pages de citations sur le web, me fiche un coup: l'intelligence, la justesse et la simplicité, l'actualité de ce que je lis, aussi de voir exprimer clairement des pensées qui en moi insistent depuis longtemps mais sous des formes confuses.
Et par l'intermédiaire de Michel Zink, je découvre, plus tardivement encore, parce que souventes fois rencontrée mais à chaque fois négligée, Simone Weil. Ce que je percevais chez elle de dolorisme, voire de masochisme, m'avait à chaque fois repoussé. A la citer longuement dans sa seconde conférence, MZ m'oblige à l'écouter puis à me renseigner plus précisément et ce que je découvre, pour l'instant par des pages de citations sur le web, me fiche un coup: l'intelligence, la justesse et la simplicité, l'actualité de ce que je lis, aussi de voir exprimer clairement des pensées qui en moi insistent depuis longtemps mais sous des formes confuses.
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