Le site de Transnationales.org s'est bloguisé. J'y trouve, à mettre sous la rubrique "exception française":
Les experts des 25 pays membres de l'union européenne ont repoussé l'importation du maïs génétiquement modifié MON863 de Monsanto. Notablement, la France a voté pour son autorisation."
dimanche 26 juin 2005
mardi 14 juin 2005
L'Europe vue d'ailleurs
Au Turkmenistan pour une (petite) semaine. Je peux en attendre une vision un peu decale'e de notre situation euro-francaise. Sans vraiment aborder la question, j'ai deja' recueilli deux re'actions inte'ressantes. Celle de Michael W. tout a' l'heure e'tait plutot optimisante. A suivre.
mercredi 1 juin 2005
Libération : La France, terre d'antilibéralisme
"Les politiques antilibérales de la France n'ont pas le moindre rapport avec un quelconque souci de justice sociale : la plupart d'entre elles profitent à quelques entreprises, au détriment des consommateurs, des finances publiques, ou des pays pauvres. Inversement, les pays européens les plus soucieux d'égalité (les pays scandinaves) adoptent en général des positions plus libérales que la France.
Les politiques antilibérales sont dues avant tout à la puissance des intérêts corporatistes, mais ce facteur, qui joue aussi à l'étranger, ne saurait les expliquer à lui seul. L'absence de toute contestation à leur endroit, même lorsque ces politiques sont évidemment contraires à l'intérêt général et à l'équité, s'explique aussi par la présence, dans la culture politique et administrative française, d'une profonde méfiance à l'égard des marchés.
Parce qu'il constitue une exception française, l'antilibéralisme systématique n'est pas compatible avec le projet européen : le non souverainiste et le non antilibéral se rejoignent. Inversement, l'argumentaire actuel des partisans du oui est souvent ambigu, parce qu'il flatte les tendances antilibérales de l'opinion, dont l'aboutissement logique est le refus de l'Europe."
(David Spector dans Libération du 13 mai dernier)
Les politiques antilibérales sont dues avant tout à la puissance des intérêts corporatistes, mais ce facteur, qui joue aussi à l'étranger, ne saurait les expliquer à lui seul. L'absence de toute contestation à leur endroit, même lorsque ces politiques sont évidemment contraires à l'intérêt général et à l'équité, s'explique aussi par la présence, dans la culture politique et administrative française, d'une profonde méfiance à l'égard des marchés.
Parce qu'il constitue une exception française, l'antilibéralisme systématique n'est pas compatible avec le projet européen : le non souverainiste et le non antilibéral se rejoignent. Inversement, l'argumentaire actuel des partisans du oui est souvent ambigu, parce qu'il flatte les tendances antilibérales de l'opinion, dont l'aboutissement logique est le refus de l'Europe."
(David Spector dans Libération du 13 mai dernier)
lundi 30 mai 2005
Après coup
Eliane me dit qu'elle a écouté Emmanuel Todd à la radio aujourd'hui, qu'il a été très convaincant (pour le oui), qu'elle en a entendu d'autres et qu'elle se demandait pourquoi on n'avait pas entendu ça avant le scrutin. Cela pourrait passer pour une impression trompeuse... mais je me suis rappelé que ce matin Marc Kravetz, qui s'était scrupuleusement gardé de laisser entrevoir son choix au cours de ses chroniques matinales jusqu'à dimanche, ce lundi matin a enfin parlé d'Europe... Il s'est passé une chose que je ne comprends pas bien au cours des semaines de la campagne. Qu'on jette un coup d'oeil sur le graphique que j'ai trouvé sur le site d'Ipsos:
Le oui qui était largement majoritaire avant la campagne s'effondre brutalement après l'annonce de la date du référendum par JC. Une explication partielle doit être que c'est le moment où on commence à regarder le texte et on se dit alors que comme constitution, c'est pas terrible. A partir de là, le non s'installe en position nettement majoritaire, avec des fluctuations mais sans évolution nette. Jusqu'au 15 avril. A partir du 15 avril s'amorce un mouvement symétrique de celui qui avait suivi l'annonce de la date du référendum, le oui remonte et repasse en tête (optimistes ouistes, on se dit que le débat paie et que l'inconsistance des arguments du "non-pour-l'Europe" commence à apparaître) mais ça ne dure pas. Autour du 1er mai nouveau renversement de tendance: le non recommence de progresser et ne cesse plus dans une évolution rectiligne jusqu'au vote et à la victoire du non.
A revoir l'ensemble comme ça, ça ressemble à un match de tennis et si j'essaie de comprendre ce qui se passe autour du 1er mai, je trouve bien quelque chose comme ce qu'on trouve au tournant d'un match de tennis, une question de moral.
Ce qui me semble (mais j'ai du mal à croire que ce soit une explication suffisante, c'est la seule que j'ai, à date), c'est que les partisans du non, au moment où la partie adverse semble reprendre décisivement l'avantage, changent de stratégie et entament une contre-offensive extrèmement efficace. Qu'on écoute Max Gallo et Yves Michaud lors de l'émission "l'Esprit Public" du 1er mai. Ils laissent les arguments de contenu pour un méta-discours sur le thème de la domination des élites-pour-le-oui dans les médias et installent des binarités, la principale étant élites / peuple, avec des variantes comme vieux / jeunes et des accents de théorie du complot.
L'argument avait pour le moins des apparences de vérité (je ne suis pas sûr que la domination des partisans du oui ait été aussi absolue dans les médias - voir un article du Monde du 19 mai dernier - ni que les élites aient toutes été du côté du oui), il a sans doute touché les électeurs mais aussi et surtout les partisans du oui. Il les a comme culpabilisés. Ceux de gauche du moins. Ils se sont retenus. Et ils ont perdu.
J'y vois quelque chose comme une manipulation du surmoi (qui, comme chacun sait est de l'ordre de l'inconscient) communiste de la gauche de gouvernement qui serait brillante si elle était tout à fait délibérée.
Une dissection des votes du référendum est en ligne sur le site de l'Ipsos, pour réfléchir à leur signification, où l'on trouvera entre autres que le clivage jeunes / vieux est moins binaire que ce qu'on en a dit.
A revoir l'ensemble comme ça, ça ressemble à un match de tennis et si j'essaie de comprendre ce qui se passe autour du 1er mai, je trouve bien quelque chose comme ce qu'on trouve au tournant d'un match de tennis, une question de moral.
Ce qui me semble (mais j'ai du mal à croire que ce soit une explication suffisante, c'est la seule que j'ai, à date), c'est que les partisans du non, au moment où la partie adverse semble reprendre décisivement l'avantage, changent de stratégie et entament une contre-offensive extrèmement efficace. Qu'on écoute Max Gallo et Yves Michaud lors de l'émission "l'Esprit Public" du 1er mai. Ils laissent les arguments de contenu pour un méta-discours sur le thème de la domination des élites-pour-le-oui dans les médias et installent des binarités, la principale étant élites / peuple, avec des variantes comme vieux / jeunes et des accents de théorie du complot.
L'argument avait pour le moins des apparences de vérité (je ne suis pas sûr que la domination des partisans du oui ait été aussi absolue dans les médias - voir un article du Monde du 19 mai dernier - ni que les élites aient toutes été du côté du oui), il a sans doute touché les électeurs mais aussi et surtout les partisans du oui. Il les a comme culpabilisés. Ceux de gauche du moins. Ils se sont retenus. Et ils ont perdu.
J'y vois quelque chose comme une manipulation du surmoi (qui, comme chacun sait est de l'ordre de l'inconscient) communiste de la gauche de gouvernement qui serait brillante si elle était tout à fait délibérée.
Une dissection des votes du référendum est en ligne sur le site de l'Ipsos, pour réfléchir à leur signification, où l'on trouvera entre autres que le clivage jeunes / vieux est moins binaire que ce qu'on en a dit.
dimanche 29 mai 2005
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En attendant les résultats: vu de Chine
L'agence de presse chinoise, Xinhua, ne fait pas dans la dentelle:
Si les Français votent non dimanche, ce sera surtout un drame pour la France, notamment un coup très sévère sur la diplomatie de la France, qui perdra toute sa crédibilité dans le monde, parce qu'elle, en tant que l'un des pays fondateurs de l'UE, est à l'origine de ce projet de Constitution et qu'elle est aussi l'image de marque du Vieux continent aux yeux de nombreux pays étrangères. Le vote négatif signfiera également une perte d'influence de la France sur la scène internationale.
Si les Français votent non dimanche, ce sera surtout un drame pour la France, notamment un coup très sévère sur la diplomatie de la France, qui perdra toute sa crédibilité dans le monde, parce qu'elle, en tant que l'un des pays fondateurs de l'UE, est à l'origine de ce projet de Constitution et qu'elle est aussi l'image de marque du Vieux continent aux yeux de nombreux pays étrangères. Le vote négatif signfiera également une perte d'influence de la France sur la scène internationale.
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