lundi 9 juin 2003

Dimanche, 16:00.- Journée parfaite de juin. Il fait très chaud dehors mais la maison est fraîche. Elle se réchauffera assez pour rendre la soirée douce & la nuit suffira à la rafraîchir pour demain. J'essaie de faire un peu de sieste mais je ne trouve pas le sommeil malgré la fatigue. Peut-être parce que j'ai pris pour commencer ma sieste le livre de Lacorne (cf. infra) qui correspond trop bien à ce qui me tourne dans la tête.



Mes pensées dérivent & je pense au film regardé hier soir: Un monde parfait (A perfect World) / Clint Eastwood. J'aime décidément les films d'Eastwood. J'ai commencé à m'en rendre compte lorsque nous avons loué Minuit dans le jardin du bien & du mal l'année dernière. Depuis quelques mois on trouve pour moins de10 € les films (l'intégrale?) de CE en DVD. Alors de temps en temps j'en achète une paire. Il paraît que son dernier film, celui qu'il a présenté à Cannes, est décevant, à demi raté... On verra bien.



En même temps, c'est mon blogue qui me tient éveillé. Je me demande comment utiliser pertinemment cet outil. Pour ma veille technologique, ça ne pose pas de problème essentiel, juste des problèmes techniques (structuration & capitalisation des informations) qu'on devrait régler sur le site de veille de Couperin. Ici je suis plus emmerdé, ce que j'ai fait jusqu'à présent ne me satisfait pas.



B. me demande: "Pourquoi ne mets-tu pas tes carnets en ligne?". Je ne lui ai pas répondu: "parce que je n'écris plus de carnets". Ce n'aurait été que partiellement vrai: si je n'écris plus de carnets, ce n'est pas seulement parce que je n'ai plus le temps ou la liberté d'esprit, c'est aussi parce que je ne les mettais pas en ligne.



Il y a, me semble, une nécessaire composante narcissique à l'exercice du blogue, et ce d'autant plus qu'il ne se donne pas d'objet a priori. (C'est d'ailleurs une dimension de l'internet comme tel que d'ouvrir, par la facilité de publication qu'il offre, un espace à de nouvelles pratiques du narcissisme. La chose est assez évidente s'agiqqant de sites perso mais elle est perceptible souvent dans des domaines qui peuvent sembler par natre étrangers à de telles pratiques.) Le carnet ou le journal intime me permettait un exercice, une ascèse narcissique, voire une purgation, privés. Je ne les communiquais, je ne les ai communiqués qu'à très peu, avec qui j'étais de toutes façons engagé dans une relation où mon narcissisme, mon image, étaient pris.



En tous cas les quelques morceaux postés jusqu'ici ne me satisfont pas, ils ne me suffisent pas. Les 2 morceaux de ce matin. Je ne m'y reconnais pas, en altermondialiste vigilant.



L'autre jour, à la radio, un intellectuel respecté expliquait: "Je ne suis pas anti-américain mais je suis anti-anti-anti-américain"! Avec un peu d'effort & en supposant qu'un anti ne m'a pas échappé que mon oreille n'a pas bégayé, j'arrive à imaginer ce qu'il voulait dire mais que d'embarras! Cet embarras peut être le reflet de modes intellectuelles & de correctitudes politiques empilées mais je le crois symptome de qqchose de plus spécifique: l'urgence qu'il y a à penser l'Amérique & la difficulté qu'il y a de le faire hors des positions binaires de l'anti-américanisme & de son contraire qu'on pourrait, logiquement appeler "américanisme", c'est-à-dire l'adhésion au modèle & à la position dominante, au leadership américain. Lesquelles positions sont précisément ce qui empêche de réellement penser l'Amérique.



Américanisme: un anti-américanisme conscient & décidé peut s'accomoder fort bien d'un américanisme inconscient, spontané, matériel & culturel, constant & soutenu. Tel qui porte des vêtements américains ou d'invention américaine, écoute de la musique américaine ou d'invention américaine, etc. proclame sans état d'âme la bêtise foncière des Ricains & la nullité de leur culture. Cette formule (américanisme culturel + anti-américanisme idéologique), déclinée selon des figures & des dosages variés, est sans doute celle d'une large majorité de nos concitoyens entre, disons, 15 & 25 ans. D'une large majorité planétaire aussi bien: il y a quelques années les posters de Rambo mirent à fleurir dans le monde arabe.



Américanisme / anti-américanisme, je n'ai moi-même, plus ou moins entier, pas cesser d'y osciller. Le piège serait d'y voir une indécision car ce serait supposer qu'il faut en sortir, prendre parti, pour ou contre l'Amérique, comme nous y invitait W. Bush il y a peu, & le reste du monde avec nous. Osciller, c'est une façon d'avancer en pensant mais à chaque fois, d'un côté ou de l'autre, je me cogne, quelque chose en moi me demande: "Et bien? alors? de quel côté es-tu?". Peut-on être compris aujourd'hui si l'on dit: "Ni d'un côté, ni de l'autre, je tâche de suivre la voie du milieu."?

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