lundi 27 février 2006

Intermittences

Jeudi la crève s'est installée et hier a été l'acmé (inch'Allah!): mal au crâne, sinusite, rhinite, laryngite... resté au lit et renoncé à descendre travailler à Nice. Retour en France et comme l'ADSL est à nouveau en panne j'écoute la radio en direct et me rend compte combien ça peut m'être pernicieux (à Istanbul, j'ai recommencé à écouter France-Cul mais au choix; ce qui est très différent). Je pense à ce que très naïvement (franchement) Finkielkraut avait dit (avoué?) à Laure Adler lors des entretiens de l'an dernier, qu'il pensait sur l'actualité, en réaction. Je me sens souvent dans cette situation et la tendance du blogue est de se couler tout à fait dans cette pente là. Ce n'est qu'une forme sophistiquée de la conversation de zinc (un peu mythique, de fin de soirée serait plus réaliste). La tendance aujourd'hui est de dire que les blogues sont l'occasion d'une explosion de présomption ("rabid selfimportance" ai-je trouvé en anglais à propos des blogues) et de fait, si j'en juge à la façon dont j'en suis affecté, la remarque touche. Cependant, si l'on ne confond pas, comme on le fait couramment, l'activité bloguistique avec l'activité journalistique (c'est-à-dire si l'on continue à tenir les blogues pour ce qu'ils sont à l'origine, à savoir pour des journaux personnels ouverts à tous par la publication sur le net), cette réactivité à l'actualité médiatique qui apparente les blogues aux discussions de café ou, dans un cadre culturel différent, aux discours Hyde Parkiens, pourrait être considéré comme une extension assez naturelle de ces pratiques éminemment démocratiques et la présomption dont elle témoignerait ne serait que la présomption fondatrice de la démocratie qui présume dans tout citoyen, hors toute expertise ou qualification particulière, la compétence à juger des affaires publiques. Dans cette mesure, le suivi, la pensée réactive serait plus critiquable chez un intellectuel qualifié comme Alain Finkielkraut.

(Je crois que je vais faire de cette note un post (!), mais ce qui me gênerait alors serait de donner l'impression de hurler avec les loups en m'en prenant comme beaucoup ces temps-ci à Alain Finkielkraut. S'il n'y a pas grand chose chez AF où je me retrouve ces temps-ci je continue d'écouter "Répliques" chaque samedi lorsque je n'en suis pas empêché (et alors je rattrape généralement sur le net), et ceci depuis que cette émission existe. Et, je m'en rends bien compte à cette reprise de l'écoute en continu, son émission, malgré les critiques qui lui sont légitimement faites, à savoir de mettre souvent l'un de ses invités dans une situation piégée, tient le coup, continue de stimuler la réflexion. La passion que met Finkielkraut à défendre ses croyances, la fragilité qu'il manifeste ainsi, le préservent de la suffisance ataraxique qui infecte les discours de tant d'autres "producteurs", qu'ils soient ou non qualifiés de philosophes, tel celui qui hier énumérait avec une tranquille certitude parmi les moyens de fuir la réalité la prise de drogue et la croyance en Dieu.)

Le Monde.fr : Une lettre de Tariq Ramadan

"En ce qui concerne la pièce [Mahomet de Voltaire], le département culturel de la ville de Genève s'est opposé, à l'époque, à sa réalisation, car le budget présenté par M. Loichemol avait été considéré comme faramineux. Le maire de Genève, Alain Vaissade, a ensuite ajouté que cette pièce pouvait heurter la sensibilité des musulmans.
Le refus de subvention a été pris par les autorités sans avoir consulté les musulmans...
[...]
Nos "Voltaire à géométrie variable" semblent chaque jour davantage trahir le courage de l'auteur d'un Zadig, qui a tant emprunté au Coran et qui n'eut de cesse de répéter qu'il faut avoir la modestie de douter de soi et la force d'entendre autrui. Une bien belle leçon pour certains de nos relatifs intellectuels qui ont substitué à l'ancien dogme de la grâce nécessaire celui de leur foi aveugle en leur raison suffisante. Ceux-là sont doublement dangereux quand ils se prennent pour Voltaire."

lundi 20 février 2006

Posts de voyage

Pour la première fois, je dispose de conditions assez confortables pour faire du journal de voyage (très fragmentaire et essentiellement photographique). Voir la série de posts déposés dans le blogue "voyages".

samedi 11 février 2006

vendredi 10 février 2006

Aerial Photographs of Mexico City (English)


"Quelques photos que j'ai prise en travaillant comme pilote d'hélicoptère au-dessus de Mexico, même si la luminosité et le contraste ont été poussés sur certaines, elles sont toutes authentiques."
(via boingboing)

samedi 21 janvier 2006

Lecture: Israel e l'Islam, le scintille di Dio / Pietro Citati

Je reçois hier matin ce livre (Israel e l'Islam / Pietro Citati), signalé par une récente émission de Culture d'Islam (extrait), et avant d'éteindre la lumière cette nuit, je l'ouvre au hasard et je tombe, frappé (folgorato) par son caractère borgésien, sur ce passage (traduction en dessous):

Abû Ja'far Muhammad At-Tabarî nacque attorno all'839 nella Persia settentrionale; e la sua sterminata opera di storico e di teologo sarebbe dimenticata, o conosciuta appena dagli specialisti, se un sogno non avesse folgorato la sua mente. Non voleva raccontare soltanto la storia dei suoi tempi, o di un'epoca limitata, ma tutta la storia del mondo, cominciando dalla creazione fino alle guerre cha ai suoi tempi insanguivano il mondo arabo. En non voleva narrare nemmeno una versione di ogni fatto, ma tutte le versioni che gli uomini raccontano di ogni evento, così che il suo libro diventasse quell'intreccio di realtà e di eventualità, di possibilità e di impossibilità, o di possibilità opposte, che forma l'universo. Così passò la giovinezza viaggiando in Egitto e nella Siria, nella Persia e un Iraq, per raccogliere le tradizioni arabe, iraniche, ebraiche, cristiane, sia quelle consegnate nella Bibbia, nel Corano e nel Libro dei Re, sia quelle che avevano una vita più locale ed effimera. Poi si fermò a Baghdad, dove aprì una scuola, scrisse un commento al Corano, e cominciò a comporre le Notizie dei Profeti e dei Re.

"Abû Ja'far Muhammad At-Tabarî nâquit autour de 839 dans le nord de la Perse et son oeuvre infinie d'historien et de théologien serait oubliée, ou connue seulement des spécialistes, si un rêve n'avait frappé son esprit. Il ne voulut pas raconter seulement l'histoire de son temps, ou d'une époque limitée, mais toute l'histoire du monde, en commençant par la création jusqu'aux guerres qui de son temps ensanglantaient le monde arabe. Et il ne voulut non plus raconter une seule version de chaque fait, mais toutes les versions que les hommes racontent de chaque évènement, de sorte que son livre devînt un enchevêtrement de réalités et d'éventualités, de possibilités et d'impossibilités, ou de possibilités contraires, qui forme l'univers. Ainsi passa-t-il sa jeunesse à voyager: en Egypte et en Syrie, en Perse et en Iraq, pour recueillir les traditions arabes, iraniennes, hébraïques, chrétiennes, celles qui sont consignées dans la Bible, dans le Coran et dans le Livre des Rois et celles qui avaient une vie plus locale et éphémère. Puis il s'installa à Baghdad où il ouvrit une école, écrivit un commentaire du Coran et commença à composer les Notices des Prophètes et des Rois."

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