mardi 15 octobre 2019

Zemmour encore

Je dois l’avouer: j’ai repiqué au truc, je suis allé revoir Zemmour. Ben oui, de temps en temps je retourne écouter Zemmour, et je ne suis pas le seul puisqu’il paraît que CNews a triplé son audience depuis qu’il y officie (en dépit des indignations et des boycotts). Et si je me dis que j’aurais sans doute pu mieux occuper mon temps, je ne le regrette pas vraiment, je n’en ai pas du remords. Si je l’écoute, ce n’est pas que je communie secrètement avec ses idées, que j’y trouve exprimé tout haut ce que je penserais tout bas (quoique, parfois…), ce n’est pas non plus que j’y vais pour m’indigner ou pour me mettre en colère, ni pour contempler combien je pense juste en face d’un discours qui serait l’opposé du mien, ni pour me conforter en repérant les sophismes, les contre-vérités et les astuces rhétoriques (quoique, souvent…). Non, j’y retourne parce que souvent, la plupart du temps j’en ressors éclairé (pas toujours, par exemple j’ai, aussi, regardé le face à face avec Sifaoui qui n’apportait rien), parce que j’y vois exprimé de façon cohérente un discours, voire un courant de pensée qui ailleurs ne s’exprime qu’avec réticence, dissimulation ou embarras, parce que Zemmour a du talent. Du talent, pas forcément beaucoup d’intelligence, non plus une érudition bien solide mais qui s’affirme avec un extraordinaire aplomb. Zemmour est en quelque sorte le prince des demi-savants de l’islamophobie (cf. tous les posts, des uns et des autres, qui veulent nous apprendre la vérité sur l’islam à partir de telle ou telle sourate ou de tel ou tel hadith), de l’islamophobie surtout mais pas seulement.

http://www.ericzemmour.org/2019/10/face-a-l-info-cnews-15/10/2019.html

Je continue de penser que les appels à censurer Zemmour sont contre-productifs, comme les indignations. Ainsi à propos de son face à face avec Nicolas Bouzon sur la PMA. Je suis sûr qu’un grand nombre de personnes (de citoyens et de citoyennes) pensent une grande partie de ce que pense Zemmour, y compris des personnes favorables à la PMA. Dans le cas présent, c’est la qualification d' »homophobie » qui est lancée. Ce qui m’apparaît à l’écoute, c’est que le propos de Zemmour, ses mots, si l’on peut y soupçonner un arrière-fond d’homophobie, ne sont pas explicitement homophobes. Il y a dans le monde un grand nombre de pays où sont appliquées des législations clairement homophobes (pays musulmans mais aussi la Russie, entre autres), Zemmour ne demande pas qu’on les imite, ne remet pas en cause le droit à l’homosexualité. Dire que la collectivité nationale n’a pas à financer la PMA qui ne bénéficierait qu’aux couches favorisées n’est pas homophobe et semble, dit comme ça, relever du bon sens. En regard les positions défendues par Nicolas Bouzou semblent souvent aller au rebours du bon sens. C’est, je crois, le tort de la gauche intellectuelle que, parce qu’elles sont soutenus par des études et des élaborations théoriques pointues, des thèses qui apparaissent à première vue heurter le sens commun doivent être imposées comme des évidences. Comme les raisonnements et les faits qui appuient ces thèses ne sont pas à la portée du plus grand nombre, le moyen pour les imposer est d’en tirer des injonctions morales (le politiquement correct). Dans un premier temps cela semble efficace mais à terme cela génère une disjonction cognitive et dans un deuxième temps un ressentiment.

L’utilisation stigmatisante des mots « homophobe » ou « islamophobe » (ou « antisémite », ou « misogyne » aussi bien, ou « raciste ») finit par recouvrir le fait que l’homophobie, l’islamophobie (l’antisémitisme, la misogynie, le racisme) existent bien et qu’elles sont des nuisances graves pour nos sociétés. D’une façon générale, je suis extrêmement réticent à ce qu’on qualifie par ces mots des personnes, dans la plupart des cas ils devraient être réservé à la qualification d’actes ou de propos. Dire de quelqu’un qu’il est homophobe, par exemple (mais c’est valable pour les autres qualifications), distinguer des homophobes, c’est supposer que les autres, dont moi, ne le sont pas. Utiliser ces qualifications stigmatisantes, c’est refuser de considérer ce que peut passer en moi des discours, des attitudes, des réactions homophobes, islamophobes, antisémites, misogynes ou racistes. C’est refuser que soient problématisés en moi et autour de moi les questions liées au genre, à la religion ou à la « race » (aux différences ethniques et culturelles).

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