mardi 2 juin 2009

Quelques formules de Simone Weil en guise d'antidote

Comme noté plus tôt, je suis frappé par la claire simplicité des formules de Simone Weil que je découvre par le biais de pages de citations trouvées sur le web (en sorte que ce que je dépose ici est un florilège de florilège). En particulier je trouve sur Wikiquote un choix de citations politiques et parmi celles-ci quelques fortes vérités sans la conscience desquelles un engagement politique qui se voudrait juste ne peut qu'errer.

Ce sont précisément de ces vérités que l'offensive gramscienne de la droite nationaliste actuelle tente de disqualifier, de ringardiser, comme expression d'un politiquement correct, d'une culture de la repentance, voire d'un masochisme national:

"L'hitlérisme consiste dans l'application par l'Allemagne au continent européen, et plus généralement aux pays de race blanche, des méthodes de la conquête et de la domination coloniales."

"On prétend que Napoléon a propagé, les armes à la main, les idées de liberté et d'égalité de la Révolution française ; mais ce qu'il a principalement propagé, c'est l'idée de l'État centralisé, l'État comme source unique d'autorité et objet exclusif de dévouement ; l'État ainsi conçu, inventé pour ainsi dire par Richelieu, conduit à un point plus haut de perfection par Louis XIV, à un point plus haut encore par la Révolution, puis par Napoléon, a trouvé aujourd'hui sa forme suprême en Allemagne. Il nous fait à présent horreur, et cette horreur est juste ; n'oublions pas pourtant qu'il est venu de chez nous."

Mais il y en a aussi pour la gauche:

"Le mot de révolution est un mot pour lequel on tue, pour lequel on meurt, pour lequel on envoie les masses populaires à la mort, mais qui n'a aucun contenu."

comme pour l'Eglise:

"L'Église commet un abus de pouvoir quand elle prétend contraindre l'amour et l'intelligence à prendre son langage pour norme."

(Simone Weil, quelques citations politiques sur Cercamon., avec indication des sources.)

3 commentaires:

  1. "offensive gramscienne"...? Que veux-tu dire? Qu'il y aurait quelque chose de gramscien chez NS?... Assez surprenant pour que tu précises...

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  2. "Au fond, j'ai fait mienne l'analyse de Gramsci : le pouvoir se gagne par les idées. C'est la première fois qu'un homme de droite assume cette bataille-là.
    Nicolas Sarkozy, Le Figaro, 17 avril 2007"

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  3. complément: je ne visais pas exclusivement NS mais tout un courant.
    "La primera afirmació del nou president francès és certa. La segona és clarament falsa (i a més extremadament presumptuosa, com correspon al personatge). Ja fa una mica d’anys (de segles) que vivim situacions d’hegemonia ideològica de la dreta i, per tant, que hi ha homes de la dreta que han assumit i impusat de bon grat aquesta batalla. Especialment des del “There is no alternative” (el fatalista i rotund “No hi ha alternativa“) de la Thatcher i l’ “Ideas have consequences” (”Les idees tenen conseqüències“) de Reagan, hem viscut unes dècades en les que la dreta ha tingut estratègicament l’hegemonia ideològica, i també, en moltes ocasions, tàcticament l’hegemonia política."
    (Raimon Obiols)

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