dimanche 6 mai 2007

Blogage politique (expérience personnelle)

Fin, jeudi dernier, de congés qui ont été l'occasion d'une expérience de blogage politique intense (pour moi).

BILAN:

Fréquentation:

Avec une constatation intéressante: quand on s'y met avec un peu de constance, ça a des conséquences rapidement sensibles en termes de fréquentation.

On remarquera deux cornes (diaboliques?) sur la courbe. La première correspond à l'article du Monde signalant un de mes billets. La seconde, si elle suit un lien depuis le blogue de Versac, n'y semble pas liée et me reste un peu mystérieuse, elle correspond en particulier à un petit nombre de visites très longues et extensives (le pic est surtout de nombre de pages vues). On remarquera aussi que la courbe redescend dès jeudi, lorsque je recommence à travailler et que je cesse de poster (bon, c'est pas net à cause de la 3e petite corne qui vient de pousser tardivement aujourd'hui, due à un afflux soudain de requêtes vers le billet de 2004 "Turkménistan: archéologie (Karakum)" - ce qui arrive de temps en temps et, dans une moindre mesure de requêtes sur "La votation présidentielle vue de Suisse" - sorry people, fausse piste!).

Live-blogging:

J'ai fait un essai de live-blogging pendant le débat SR / FB, qui m'a valu le lien de Versac. J'ai renoncé à le faire pour le débat SR / NS et je le regrette (je viens de publier le brouillon du compte-rendu que j'ai essayé de faire après coup et que j'ai laissé tomber par ennui d'avoir à expliciter mon appréciation de la position de SR sur la Turquie).

Commentaires:

Parallèlement au postage à peu près quotidien je me suis pas mal agité dans les zones de commentaires, chez moi et ailleurs. En particulier:
Je regrette de n'avoir, pris que j'étais dans le courant de l'actualité, pas répondu au commentaire de Frédéric sur "Les citadelles bayrouistes": il y a là, me semble-t-il, un piste de réflexion féconde pour l'avenir.

Dérive:

Je regrette aussi de n'avoir pas plus posté sur la question des libertés numériques) et de m'être laissé prendre dans la dérive de la campagne de second tour que NS a menée de manière redoutablement admirable).

Scrupules:

Trois billets m'ont posé des problèmes que je pourrais dire "éthiques":
  • celui par lequel j'avais relevé une bourde de Jean-Marie Cavada, le 22 mars, que j'ai dépublié le lendemain en m'en expliquant,
  • celui sur la "botte" des Amis de Ségolène, le 20 avril, que j'ai dépublié vendredi soir, dans un mouvement d'humeur devant la mauvaise foi militante de qui l'utilisait,
  • celui sur le lapsus de NS, le 3 mai, que j'ai failli dépublier pour des raisons analogues à celles que je donnais sur la bourde de Cavada - je ne l'ai pas fait parce que j'en ai un peu assez du tabou qui s'est peu à peu installé sur la constataion de la parenté entre NS et JMLP.
J'ai été assez surpris d'avoir été, à ma connaissance, le seul à avoir relevé la bourde de Cavada et le lapsus de Sarkozy - ou est-ce que le niveau général de scrupule est plus élevé que le mien? ça m'étonnerait fort. Ou bien que l'une et l'autre seraient insignifiants? Vraiment?

Le "jeune prof de droite" qui avait lié le billet sur la "botte" m'a accusé d'"auto-censure". Ce que j'assume. Se taire sur une vérité n'est pas mentir et je revendique le droit de déterminer la frontière entre la vigilance et la délation (avec un critère utile si pas suffisant: considérer si l'objet visé est ou non du côté du manche), je revendique aussi, dans une campagne électorale, le droit de ne pas publier des informations qui font argument contre mon choix sans m'en dissuader, il suffit que je les admette si on me les présente. Et puis de manière générale, l'"auto-censure" est le début de la civilisation (voir la discussion avec Baptiste).

Maintenant que la campagne, officielle ou sauvage, est pratiquement terminée, je republie les billets dépubliés.

Et le vote?

Le blogage n'aura été ces dernières semaines que la partie émergée d'un iceberg de gamberge. Si je me situe assez précisément sur une éventail politique, dont je relativise par ailleurs la pertinence, je ne suis pas un militant, à chacun des tours de cette élection je me suis trouvé en face d'une pluralité d'options possibles, comme par ailleurs mes interlocuteurs familiers peuvent défendre des positions très éloignées des miennes, d'un côté comme de l'autre, (et c'est précieux), ma gamberge, voire mon indécision, ont été très mobiles (moins pour le 2d tour que pour le 1er, je l'avoue). Dans ces conditions, il m'a été vital de me repérer des points de fixation concrets.

Ainsi pour ce second tour je vote:
Derrière chacun de ses enjeux, qu'on trouvera marginaux, ils l'ont été en tous cas dans la campagne mais ils ont l'avantage d'être clairs et précis et derrière chacun d'eux je n'aurais pas de mal à expliciter quels enjeux fondamentaux sont impliqués (la conception de la nation, l'avenir de la démocratie, politique, sociale et économique, l'ambition du projet européen).

Conclusions:
Au total donc, chaque vote repose sur un pari qui n'est pas gagné : le pari qu'une Ségolène Royal élue pourra, et voudra, décentraliser la société française afin de la rendre réformable; le pari qu'un Sarkozy élu utilisera son pouvoir pour mener des réformes allant dans le bon sens. Chacun de ces paris, à mon humble avis, repose sur de faibles probabilités de succès. (éconoclaste)
Demain, ce ne sera pas un blanc-seing délivré à une personne. Les institutions, l'opposition, les forces politiques, les partenaires sociaux, les citoyens, les internautes et les media seront là pour continuer à faire valoir et transformer. Il faudra juste continuer. La vie ne s'arrête pas le six mai. (versac)

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